Magherita Vitagliano, L’été à la campagne
La vie à la campagne
Même en noir et blanc, les photos de Margherita Vitagliano ont des couleurs pour les jours gris et les anciennes maisons de désirs. Leur ombre parle à celle qui, à travers ses prises, résiste à tout et même au temps qui passe.
Elle lui offre son chant de blé mûr à travers celui qui était en herbe.
Plutôt que d’effacer ce qui fut, elle y revient au milieu de ses premiers « romans ». Elle les imaginait à travers les choses les plus simples qu’elle donne à regarder.
Si bien que le quotidien d’alors devient infiniment plus romantique et maniéré qu’il l’était.
Le regardeur semble entendre des pas qui martèlent un chemin caillouteux que parcouraient des biquettes à l’ombre d’un grand acacia bourdonnant de guêpes.
Apparaissent des bouts de monde d’une époque où la femme n’était qu’une jeune fille en fleurs.
Elle était peut-être plus sauvage et sauvageonne que ce qu’elle est devenue. Mais ses photos parlent pour elle. Elle en tire les ficelles pour lever le rideau d’un temps revenant.
Les images sont parfois brûlantes comme l’acier des oreilles des charrues d’alors ou comme feu de l’amour qui saisissait parfois le coeur de l’Italienne sans pour autant qu’il ait une adresse particulière.
L‘absence de ce qui fut rhabille l’espace Et chaque photographie appelle un mélange sucré de phéromones de fourmi et d’épluchure de carotte. Et cela évite que le passé parte en quenouille.
C’est du moins ce qu’on peut imaginer au moment où la tâche de l’artiste devient le plaisir de le raconter. Ce ne sont pas forcément des sornettes.
Bien au contraire puisqu’existe là une recherche du temps perdu. Celui par exemple d’un soir dans les bruyères dans la Pianura Padana.
jean-paul gavard-perret
Magherita Vitagliano, L’été à la campagne
One thought on “Magherita Vitagliano, L’été à la campagne”
Dame Vitagliano , exilée de Manchester , restitue en photos inimitables ses étés dans la plaine du Pô . Talent présent et Beauté du passé . JPGP le sait .