Rain Mitchell, Les chroniques de Lady Yoga

Rain Mitchell, Les chroniques de Lady Yoga

Tout se passe autour du yoga comme le titre l’indique. Le yoga ici proposé comme un voyage puisqu’il permet de s’évader mais surtout d’affronter sereinement les problèmes de la vie. Cette activité est ouverte à tous – elle ne renvoie en aucun cas à une question de compétitions ou de compétences physiques exceptionnelles. Le roman met ainsi en scène différents personnages, plus ou moins atypiques et attachants, qui gravitent et évoluent autour de Lee, l’héroïne, toujours en quête d’aider son prochain.

Directrice et professeur de Yoga dans un studio de Silver Lake, banlieue hollywoodienne, Lee est de fait une femme que l’on aimerait beaucoup rencontrer… C’est la bonne copine sur laquelle on peut toujours compter. Elle-même se trouve dans une situation pénible, son mari Alan, musicien à l’unique succès et qui a un besoin permanent de reconnaissance, a quitté le domicile conjugal – pas de façon définitive, il n’est pas assez téméraire pour ça – ne pense qu’à sa carrière qui est en stand by. Tout au long de la lecture, on s’aperçoit que sans sa femme, il n’est rien. C’est elle qui le fait travailler et il se permet de critiquer ce travail…

On rencontre alors une kyrielle de personnages : Katherine, ex-junkie, masseuse au studio, qui est très sympathique et tente de faire face à ses anciens démons… Imani, une star de TV dépressive et … peu sportive… et bien d’autres. Bien sûr, les personnages hollywoodiens, femmes sur la cinquantaine qui espèrent et croient sincèrement en paraître vingt, sont aussi présents. On est confronté au paraître, à la chirurgie, aux régimes alimentaires… ce qui apporte une part d’humour et de sarcasme. Les personnes surmontant leur « malheur » sont opposées à celles citées plus haut qui vivent « soi-disant » un rêve.
Caractère, force, générosité, attention, tendresse et persévérance, il faut le dire : les femmes ont la part belle dans ce livre. Les hommes, en revanche, sont malmenés. Ceux qui apparaissent sont peu nombreux – le plus présent étant Alan – et ils sont futiles, égoïstes, puérils.

Un roman très frais, très actuel, à la fois chaleureux et drôle, qui s’adresse à un public plutôt féminin. Il nous fait passer un bon moment car, pour une fois, les hommes ne sont pas des patriarches sans lesquels les femmes ne peuvent pas exister !

ophelie heurtebize

Rain Mitchell, Les chroniques de Lady Yoga, 10/18, juin 2012, 333 p. – 8,40 €

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