Leone Frollo, L’art érotique de Leone Frollo

Leone Frollo, L’art érotique de Leone Frollo

Leone Frollo le Vénitien n’a jamais quitté la Lagune en vivant avec sa femme en son studio dans le Rialto. Bien connu des cafés du canal, il s’est d’abord formé à l’architecture, mais a trouvé cela peu satisfaisant et peu gratifiant, alors il s’est tourné vers le dessin animé où, en 1958 il a eu la chance d’être encouragé par son collègue dessinateur Giorgio Bellavitis à soumettre des travaux à l’éditeur londonien Fleetway. Des westerns comme Sui Grandi Laghi (Sur les Grands Lacs), il est passé aux histoires de guerre, à la science-fiction et au fantasme.

L’histoire de Frollo avec les bandes dessinées érotiques a commencé en 1972 avec la série Biancaneve qui a rapidement perdu la plupart de ses liens avec l’histoire originale. La série raconte les aventures sexuelles du personnage principal dans un monde de magie et de monstres. Pour les quatre premiers numéros de la série, Biancaneve est restée vierge sous la menace constante, mais après avoir perdu sa virginité dans le volume cinq, elle est devenue de plus en plus accro au sexe. La bande dessinée a duré 94 numéros.

Après 1987, il change son style pour une représentation plus réaliste de ses personnages érotiques et dessine des séries pour le marché français : Femmes (Mischievous Women), Diva, Casino et surtout Mona Street représentent les aventures érotiques d’une jeune Américaine qui vient de terminer ses études à Boston dans les années 1920 et 1930. Le récit consiste en des « lettres » à la première personne détaillant les expériences sexuelles de Mona, y compris des aventures saphiques, des amants riches, des jeunes garçons animés et des vieillards grelottants.

Après trois volumes, traduits en français, anglais et allemand, Frollo abandonne les bandes dessinées pour se concentrer sur des images de femmes semi-nues à l’aquarelle, au crayon et au pastel, tout en restant concentré sur les années folles – une période dans laquelle il aurait presque certainement aimé vivre. Le lesbianisme, le sadomasochisme et la servitude sont maintenant entrés dans son imagination de manière plus perceptible, que ce soit pour son propre plaisir ou celui de sa clientèle qui ne peut qu’être deviné.

Vu aux côtés des grands maîtres italiens du dessin érotique, de Crepax à Manara en passant par Serpieri et Magnus, Leone Frollo est peut-être celui que l’histoire du Neuvième Art a le moins retenu. Et pour cause : après avoir œuvré dans la bande dessinée en feuilletons au format poche, las des séries, Frollo se tourne avec succès vers l’illustration pour assouvir pour le plaisir toute sa maîtrise de la plastique féminine avec séduction et malice. Et pour la première fois en cette édition française, sont publiés une sélection d’images inédites de ses femmes troublantes, libérées et impudiques.

jean-paul gavard-perret

Leone Frollo, L’art érotique de Leone Frollo, tome 1 et 2, 2025, Glénat, 120 p. – 32,00 € chacun.

Laisser un commentaire