Le Marchand de Venise (William Shakespeare / Jacques Vincey)
Une belle actualisation du texte de Shakespeare
C’est dans un décor de supermarché qu’on assiste d’abord à une introduction ironique sur le rôle de l’argent, y compris pour la représentation : le thème de la marchandisation, le coût du spectacle, le prix des billets, le salaire des acteurs sont évoqués. Le décor et les accoutrements sont kitsch. Dans les interstices des relations humaines, ils constituent le prisme révélateur des pas et des faux pas de l’amour, de l’honneur.
L’argument de la pièce, qui parle d’un engagement gagé sur sa propre chair, interroge les rapports humains : l’amitié, le contrat, le respect de la parole donnée, l’interprétation littérale ou sémantique du droit. Les scènes se succèdent de façon dynamique, elles posent l’intrigue, au demeurant un peu épaisse, par une progression tempérée.
Dans la seconde partie, l’action va plus rapide. Jacques Vincey choisit de présenter le propos de façon décalée, cocasse, presque foutraque. Le commerce amoureux transposé à l’écran des passions-réalité et des publicités attractives surligne l’artificialité d’un procédé de sélection matrimoniale par énigme, avant de s’actualiser dans l’amour sincère engendré par la rencontre de jeunes humeurs électives.
Certes, ces thématiques sont traitées sur le mode léger de la comédie, en faisant se succéder revirements et intervention féminine judicieuse, mais la scénographie met bien en scène l’inanité de l’opposition stérile des races et de la punition du bouc émissaire juif. On assiste à une belle actualisation du texte de Shakespeare : même si le spectacle a ses longueurs et même si toute la troupe n’est pas à la hauteur de Pierre-François Doireau, le ton est vif et édifiant : vivifiant.
christophe giolito et manon pouliot
© Christophe Raynaud de Lage
Le Marchand de Venise
(Business in Venice)
de William Shakespeare
Mise en scène Jacques Vincey
Texte français et adaptation : Vanasay Khamphommala ; scénographie : Mathieu Lorry-Dupuy ; lumières Jérémie Papin ; costumes Virginie Gervaise ; perruques et maquillage : Cécile Kretschmar ; son et musique Alexandre Meyer et Frédéric Minière ; vidéo Victor Egéa ; assistanat à la mise en scène Théophile Dubus.
Avec : Quentin Bardou, Jeanne Bonenfant, Alyssia Derly, Pierre-François Doireau, Théophile Dubus, Thomas Gonzalez, Anthony Jeanne, Jean-René Lemoine, Océane Mozas, Jacques Vincey.
Durée : 3 heures, avec entracte.
Tournée :
Du 19 septembre au 6 octobre 2017 Au Théâtre Olympia, Centre Dramatique National de Tours
http://cdntours.fr/spectacle/le-marchand-de-venise-business-venice
Du 11 au 20 octobre 2017 Au Théâtre 71 Scène Nationale Malakoff
http://www.theatre71.com/Le-Marchand-de-Venise-Business-in-Venice.html
Du 7 au 9 novembre 2017 à la Comédie de Reims, Centre dramatique national
http://www.lacomediedereims.fr/page-spectacle/599-le-marchand-de-venise#section-
Les 15 et 16 novembre 2017 au NEST, Centre dramatique national de Thionville
https://www.nest-theatre.fr/spectacles/le-marchand-de-venise
Du 21 au 24 novembre 2017 au Théâtre Dijon Bourgogne, Centre dramatique national
http://www.tdb-cdn.com/le-marchand-de-venise-business-in-venice
Du 29 novembre au 1er décembre 2017 à la Comédie de Saint-Etienne, Centre dramatique national
https://www.lacomedie.fr/evenement/le-marchand-de-venise/
Les 6 et 7 décembre 2017 à l’Hexagone, Scène nationale de Meylan
https://www.theatre-hexagone.eu/portfolio-items/unwanted/
Les 12 et 14 décembre 2017 à la Maison de la Culture de Bourges, Scène nationale
http://www.mcbourges.com/la-saison/les-spectacles/1275-le-marchand-de-venise
Production et coproduction
Centre dramatique national de Tours – Théâtre Olympia
avec le soutien du dispositif Jeune Théâtre en Région Centre-Val de Loire