Le Grimoire au rubis

Le Grimoire au rubis

En attendant Noël et la suite du Grimoire au rubis, plongez-vous dans les plus belles croyances du Moyen Âge fantastique de Béatrice Bottet

En octobre 2005, Béatrice Bottet inaugurait les aventures de Bertoul et de Blanche de Vauluisant dans la France du jeune roi Louis IX. Les deux provinciaux fuyaient leurs tourments pour se rendre à Paris, capitale de France et haut lieu de l’Europe. De nouveaux rebondissements accueillaient nos deux héros en avril 2006 dans la rue de la Grande Truanderie, véritable antre des coupe-jarrets. Avec la fin de l’année qui approche, des péripéties sont attendues dans un troisième volet prometteur.

Livre I – Bertoul et le secret des hiboux

Dame Hermelinde de Tournissan, sur son lit de mort, demande à Bertoul, un jeune ménestrel dont elle s’est prise d’affection, de remettre un mystérieux grimoire à Magnus Gurhaval, un grand mage de Paris. De bien sombres présages emplissent le ciel où tournoient les hiboux chargés de protéger Bertoul, car sur sa route se dresse Raoulet de Mauchalgrin, héritier de la Dame, un être avide de pouvoir.

La rencontre entre Bertoul et la noble donzelle Blanche de Vauluisant sera un tournant dans la vie des jouvenceaux. L’union fait la force. Pour des raisons différentes, les deux compagnons doivent se rendre à Paris. Blanche espère y retrouver sa marraine à la cour du Roi. Cette dernière la protègera de ses frères qui souhaitent la marier de force à un vieux porc richissime qui remettrait de l’ordre dans leurs finances. Blanche va révéler à Bertoul certains de ses pouvoirs. Dame Hermelinde, qui était de toute évidence une puissante enchanteresse, lui a octroyé un don de vue d’aigle. Il lui sera bien utile pour éviter les dangers qui se profilent. 


 Livre II – Le Sortilège du chat

Les destinées de Bertoul et de Blanche semblent s’éloigner. Arrivés à Paris, chacun doit s’occuper de ce pour quoi il est venu à la Capitale. Blanche découvre les fastes de la cour, les bonnes manières et ses premiers soupirants. Bertoul a remis à temps le Grimoire au rubis à Magnus Gurhaval qui peut s’éteindre l’esprit en paix. Bertoul hérite donc et du grimoire, et de l’échoppe du mage. Pour vivre, Bertoul s’engage comme manœuvre sur le chantier de la cathédrale. Pendant ce temps, une sombre rumeur circule à travers la ville : Il est revenu, le Grimoire au rubis est revenu ! Les plus maléfiques des sorciers s’allient afin de le récupérer et de lancer une malédiction sur le Roi de France. Un détrousseur de première, maître Hennequin, est contacté pour le dérober alors que Raoulet de Mauchalgrin arrive à son tour en ville. Un temps éloignée de Paris, Blanche a un horrible pressentiment. Son ami Bertoul est en danger. Il n’en faut pas plus pour qu’elle revienne dans la rue de la Grande Truanderie. Les Hiboux viendront-ils à bout du chat ? La loyauté vaincra-t-elle le mal ?


B
éatrice Bottet a mis un tome à planter son décor et ses personnages. Au début, gauches dans leurs gestes comme dans leurs discours, Blanche et Bertoul prennent de l’aplomb dans un second volet bien mieux en jambes, plus enlevé. De toute évidence, l’attrait d’une ville réelle – Paris – sied mieux à Béatrice Bottet. Avec elle, on parcourt les obscures ruelles parisiennes jusqu’aux portes du Palais. On part à la rencontre des pires truands, des petites gens et des sorciers maléfiques. Paris, la nuit, n’appartient pas uniquement au guet. Les hiboux s’approprient le ciel pendant que les ouvriers, ces bâtisseurs de la cathédrale, se reposent du sommeil du juste. La touche historique de cette frasque fantastique est, bien entendu, très importante. Des noms des personnages aux habitudes des habitants en passant par leurs croyances, tout un apprentissage ludique d’une époque est octroyé au lecteur. Béatrice Bottet s’approprie des événements – comme certains décès au sein de la famille royale – afin de mieux faire rebondir son intrigue. Maître Hennequin, sur le chemin de la rédemption, s’oppose à ses commanditaires, tous autant d’archétypes qu’il peut y avoir de sorciers suivant la voie du mal. Et puis, il y a les gens du peuple, ceux qui s’usent à la tâche et qui sont solidaires les uns des autres. La voisine de Bertoul qui est pour lui aux petits soins. Et ceux qui hantent les pires bouges de Paris. Truands à la petite semaine en attente du bourreau et de sa potence. Enfin, la Cour, éloignée des problèmes du peuple. Toujours en villégiature avec cependant en icône un roi aux origines divines.

Dans le premier volume, chaque en-tête de chapitre s’agrémente d’une recette du Grimoire au rubis. On y découvre ainsi une « recette pour que l’amitié dure entre deux personnes » qui côtoie une « recette pour provoquer des hallucinations ». Le mal passe aux curieux. C’est bien connu. Quoi de plus malin pour se débarrasser de verrues que de mettre autant de petits pois que l’on a de verrues dans une boîte à portée d’un petit curieux ? Changement de cap avec le deuxième volume. Les conseils à destination d’un apprenti magicien se suivent les uns les autres. Ainsi toute opération magique doit être exécutée dans l’aire d’un cercle qui symbolise la volonté de l’opérateur et qui isole celui-ci de toute mauvaise influence extérieure. C’est la base même de la magie. Attendons maintenant de savoir ce que nous proposera le troisième volume.

julien vedrenne

Béatrice Bottet, Le Grimoire au rubis– Livre I : « Bertoul et le secret des hiboux », Casterman jeunesse, octobre 2005, 266 p. – 13,00 €.

Béatrice Bottet, Le Grimoire au rubis – Livre II : « Le Sortilège du chat », Casterman jeunesse, avril 2006, 283 p. – 13,00 €.

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