Jean-Claude Bartoll & Bernard Köllé, Les Aventuriers du Transvaal – t.02 : « La Mystérieuse cité d’Orphir »
Sur le fond historique authentique de la Seconde guerre des Boers, Jean-Claude Bartoll imagine une aventure exotique et mystérieuse. Il anime des personnages réels tels le président Paul Kruger, le général van Arpells, le jeune reporter à l’avenir prometteur Winston Churchill, fait référence au géologue et explorateur allemand Karl Mauch.
Les tribus zouloues sont, bien sûr, au cœur de l’action avec leurs coutumes, leurs croyances et leur organisation. Un roi avait réussi à unifier ce peuple mais, en jouant sur les dissensions familiales, les Anglais vont s’emparer de leur territoire et chasser les Boers qui avaient fraternisé avec la plupart des tribus.
Le Transvaal était une république indépendante fondée par les Boers. Ils ont élu Paul Kruger comme président. En 1885, d’immenses gisements d’or sont découverts près de Prétoria, la capitale. Il n’en faut pas plus aux rapaces anglais pour tenter une nouvelle fois d’envahir le pays avec l’envoi d’un puissant contingent. Kruger peut s’enfuir pour Paris, laissant derrière lui un trésor de deux cents tonnes d’or…
Marleen, la fille du général boer Van Arpells chargé de cacher le trésor, à fui le camp de concentration de Bloemfontein, mis en place par les Anglais, en compagnie des deux aventuriers rencontrés précédemment, Ortiz, un Basque, et Pit, un Américain. À partir de la carte sommaire laissée par son père, ils se dirigent vers le massif du Drakensberg, une terre considérée comme sacrée par les tribus zouloues.
Rex Sullivan a survécu à l’explosion provoquée par Ortiz avec seulement une jambe cassée. Il est à leurs trousses avec une équipe de Bush Rangers, des tueurs de la pire espèce.
La piste suivie par Marleen et ses compagnons s’arrête face à une falaise. La carte indique un tunnel dont l’entrée est bouchée par d’énormes blocs de roche. C’est quand Ortiz a installé ses charges d’explosifs que les Zoulous qui les suivent depuis quelques temps, les attaquent. Après une fusillade nourrie, ils peuvent se réfugier dans le tunnel, une construction qui intrigue fortement Pit. Mais, ce qu’ils découvrent après avoir déjoué un piège…
Le scénariste introduit le mystère avec la cité d’Ophir, une cité biblique d’où la reine de Saba tirait les monceaux d’or qu’elle faisait expédier au roi Salomon. C’est à un véritable western sud-africain que Jean-Claude Bartoll convie ses lecteurs, où se mêlent aventures, grands espaces, magie ancestrale, mystérieuses cités et trésor fabuleux.
Le dessin réaliste, aux traits vigoureux tant pour des personnages bien campés que des paysages grandioses, est l’œuvre de Bernard Köllé, un auteur slovène. Il met en images, avec dynamisme, les nombreux combats qui ponctuent la progression des héros. Ses personnages restent, quelle que soit la situation, parfaitement reconnaissables, ce qui n’est pas toujours les cas dans des albums. Mais on peut regretter que des cases dans le superbe panorama de la seconde et troisième planche soient coupées par la reliure.
Ce second tome conforte tout l’attrait pour ce récit d’aventures séduisant, au tempo tonique, aux actions nourries, mis en images avec intelligence.
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serge perraud
Jean-Claude Bartoll (scénario), Bernard Köllé (dessin) & Vladimir Davidenko (couleurs), Les Aventuriers du Transvaal – t.02 : La Mystérieuse cité d’Orphir, Glénat, coll. « 24×32 », février 2020, 48 p. – 13,90 €.