Jannis Kounellis, Les manteaux (exposition)
Les surfaces utiles de Jannis Kounellis
En guise de quasi conclusion à son oeuvre, Jannis Kounellis a réalisé dans l’atelier Albicocco d’Udine une suite impressionnante de douze grandes gravures. Il s’agit de reliquaires plastiques de pelisses ou plus exactement de manteaux. L’être en est sorti mais sa présence rampe comme dans toute l’oeuvre où le plasticien s’est souvent amusé à reproduire des habits (chapeaux, etc.) sans niveaux, ni maîtres.
Est mis à l’honneur le caractère typographique étrange lié utilisé aux tactiques de reproduction. À la poursuite des expérimentations économico-éditoriales, l’artiste propose une fois de plus détournements et détours qui échappent à la voix normative de narration. C’est une forme de pratique brutaliste et poétique dans l’acte de construire un terrain de jeu.
L’humour exprime une gravité à grande échelle avec ruse et en douce. Il est question de jouer entre l’art et la débrouille au moyen des objets les plus triviaux. Mais ils renferment un musée de l’homme dans un parcours qui » pêle-mêle » les grands thèmes de l’histoire de l’art en un nœud de langages plaisant à défaire.
jean-paul gavard-perret
Jannis Kounellis, Les manteaux, Galerie Lelong & Co, Paris, du 24 janvier au 9 mars 2019.
La Galerie Lelong & Co. publie en paralèle un important entretien de Kounellis avec Jérôme Sans.