Jan Voss, Bornes (exposition)
Les masses volumiques de Jan Voss
Jan Voss vit en France depuis près de 60 ans. Après sa période « figuration narrative » et s’être emparé de la couleur, des collages, il est devenu omniprésent. Son ambition est de faire vivre au moyen de ses cubes ou totems le mystère de la vie et son grouillement. Ils « développent » – au sens mathématique du terme – des instants de fugacités. Ils portent sur eux par leurs formes et couleurs plus que des dépôts ou des dépositions en devenant des volumes plus libres que géométriques.
L’artiste continue à extraire l’art de l’étouffement sous lequel la tradition d’un côté et des expériences « extra-territoriales » de l’autre l’ont écrasé. Emerge toujours le besoin de survivre et de tenir dans le grouillement et la reprise. Cette dernière n’est pas seulement la vérification angoissée de ce que le plasticien a jusque là créé. Ses œuvres n’ont rien de déjà vu. Elles illustrent que la question du passage pousse chez lui vers une sorte de quintessence non statique. L »objectivité des lois harmoniques des surfaces, monstres de vigueur, sont contredites par ce que l’artiste sent qu’il doit encore reformuler de manière plus évidente et faire claquer .
Avec le temps, l’œuvre devient sinon sans entrave du moins dégagée de ce qui n’appartient pas à sa composante essentielle, sa détermination active et ses saveurs visuelles mouvementées . Des cubes jaillissent des rythmes effrénés afin que le regardeur reste fixé sur l’Enigme qui le traverse. Jan Voss en donne par ses structures et volumes plus qu’une image : une idée. Non juste une idée mais une idée juste même si non vérifiable – sans quoi d’ailleurs l’énigme comme l’art n’existeraient pas.
jean-paul gavard-perret
Jan Voss, Bornes, Espace Martiningo, Chambéry, du 23 septembre au 7 octobre 2017.