Hubert Lenoir, Darlène
Hubert Lenoir ou le manque d’originalité
Darlène est un concept album de la star de Québec. Hubert Lenoir sort ici son opera-rock : celui de deux jeunes gens qui tentent de se libérer d’une vie morne. Cela sonne variété vaguement glam mais nous sommes loin de T-Rex ou Roxy Music. Tout est facile, certes bien produit mais sirupeux à souhait.
L’artiste assume son côté narcissique et ambitieux mais reste à la surface des choses et à la recherche de l’effet en se déguisant dans la provocation de la génération dite « Y ». Le trans est ici superfétatoire et les arrangements sans distance ou ironie. Pas la moindre dérision : c’est du Xavier Dolan sonore mais dépouillé de l’acidité du cinéaste.
Que reste-t-il à l’écoute ? Rien. La mise en forme est impeccable mais elle est au service d’un vide. L’écoute en est même pénible et laisse à l’extérieur, sans la moindre entrée mais juste l’envie de sortir. Il y a là des figures imposées qui hélas sont aussi poussées sur scène.
A recommander à qui aime le grand guignol et la prétention fun assumée.
jean-paul gavard-perret
Hubert Lenoir, Darlène, Simone Records, 2019.