Glen Cook, Les Annales de la Compagnie noire

Glen Cook, Les Annales de la Compagnie noire

Sommes-nous enfin arrivés à la fin du cycle de la Compagnie noire ? Les tomes 12 et 13 qui viennent de sortir chez l’Atalante seraient-ils les derniers ?

La diversité des chemins menant au Littéraire ne laisse pas d’étoner… Rencontré dans le cadre d’un échange de livres, Nicolas Klemberg a été aussitôt recruté par un Frédéric Grolleau impressionné par l’étendue de sa bibliothèque de science-fiction…
Qui est donc Nicolas K. ?
Écrivain raté, amer et aigri, il se venge bassement dans des critiques systématiquement négatives. Un chroniqueur à suivre pour élaguer vos choix de lecture.
C’est totalement faux ! ajoute-t-il dans son courriel de présentation. Comme quoi Nicolas semble rien aimer tant que jouer à cache cache avec divers masques – mais au fait, à quelle « fausseté » se réfère-t-il ? Sans doute pas à ces critiques systématiquement négatives ! Ce qu’il nous dit des derniers tomes des Annales de la Compagnie noire est plutôt élogieux, ce qui ne l’empêche pas de pointer quelques faiblesses. En d’autres termes, il loue et fustige d’un même mouvement, avec un style aussi piquant que personnel. Nous n’en attendons pas moins d’un « élagueur de choix de lectures »…
La rédaction

Sommes-nous enfin arrivés à la fin du cycle de la Compagnie noire ? Les tomes 12 et 13 qui viennent de sortir chez l’Atalante seraient-ils les derniers ? Oserez-vous prendre le risque d’imaginer voir le bout de cette superbe et flamboyante épopée ? Vous le saurez en temps voulu…

Au fil des romans, divers protagonistes se sont succédé dans le rôle du narrateur mais c’est Toubib que l’on retrouve ici, ce qui ne manquera pas de faire plaisir aux aficionados de la série. N’est-ce pas lui, le premier chroniqueur des Annales, remplacé au gré des aventures par Murgen, Roupille ou Madame ? On les retrouve tous ici, enfin… les survivants. Ils se sont planqués, ont repris des forces et fait l’acquisition de nouveaux alliés. La dernière compagnie franche du Khatovar a fait le plein, tant en contingent humain qu’en nouvelles forces magiques et ils sont prêts à se venger de leurs vieux ennemis. D’abord de Volesprit et de son premier commandant Mogada, dont le génie militaire leur donnera bien du fil à retordre, puis de la déesse Kina, dont l’avènement signifierait mort et chaos de par le monde.
 
Comme d’habitude, l’atmosphère est sombre et inquiétante même si l’humour est toujours présent, noir comme il se doit. Cook mélange la petite histoire à la grande, nous plonge dans les méandres de son héros vieillissant comme dans les combats épiques. (Non, je n’ai pas parlé de combat final, je ne me trahirai pas si facilement). Pourtant, il y aurait à redire sur cette cuvée : Cook, justement, nous avait habitués à plus de subtilité dans les combats. La compagnie est bien connue pour préférer la ruse à l’affrontement direct. Roupille, le nouveau commandant, semble avoir oublié cette règle de base. Ensuite, on pourra regretter une faiblesse dans le développement de certains personnages. Sans compter ceux qui disparaissent assez brusquement (et souvent assez brutalement), rajoutant à la frustration.

Malgré ses défauts, le livre se dévore en un rien de temps. Si les autres tomes ont pu s’avérer inégaux, sachez que celui-ci est excellent. Certes, les batailles sont moins importantes mais le récit laisse la part belle aux introspections de Toubib qui devient de plus en plus cynique. Enfin, si Glen Cook apporte nombre de réponses et résolutions, il laisse encore plusieurs interprétations et questions en suspens.
Alors, oui, puisque vous insistez, c’est sans aucun doute la conclusion tant attendue de cet excellent cycle. Maintenant, je ne serais pas étonné outre mesure de retrouver les aventures de la Compagnie noire, avec, qui sait, de nouveaux chroniqueurs… ce ne serait pas la première fois.

nicolas klemberg

Lire l’article d’Anabel Delage consacré à l’ensemble du cycle de la Compagnie noire

   
 

Glen Cook, Les Annales de la Compagnie noire (traduit par Franck Reichert) « Soldats de pierre » (en deux tomes), L’Atalante, janvier 2006

-  Tome 1, 379 p. – 17,10 €.
-  Tome 2, 379 p. – 17,10 €.

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