Geneviève Hergott, La maison

Geneviève Hergott, La maison

Dans ce montage et dépliage progressif, Geneviève Hergott part d’une cabane qui s’agrandit, devient maison puis immeuble. Dans ce roman plastique sans paroles surgit un grand monolithe  » comme dans 2001, Odyssée de l’Espace », dit l’éditeur Tom de Pékin.
Jaillit de fait une version muette pleine d’existences diverses comme dans« La vie mode d’emploi de Pérec ou sur une sorte d’Arche de Noé : nous y sommes emportés.

Nous y distinguons de-ci de-là des artistes de toutes époques, des morceaux de rencontres comme chez Twombly ou sur culottes chez Paul-Armand Gette. Geneviève Hergott n’aime pas s’embarrasser d’objets et n’aime pas voyager défend. S’y découvre parfois ce qu’elle nomme dérisoirement des « trucs féministes » mais surtout elle cultive ses rêves en travaillant à d’étranges appartements des délices.

La plasticienne matérialise des chimères étranges et pénétrantes, drôles et érotiques. Objectif ou non, le hasard y fait la nique à la réalité. L’artiste jette du feu sur son huile. Surgissent de ces alliances des images du troisième type (mais où le mâle est exclu). La créatrice travaille les impressions de matière et d’optique dans ses filages intempestifs. Les vérités admises y deviennent inaudibles et le réel se franchit. Le mythique et Meetic cultivent des rapports inédits.

Geneviève Hergott, La maison, Edition Solo ma non Troppo, hors collection, Paris, 2023, non paginé – 8,00 €.

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