Frédéric Fleury, Coffret & La passion du bois
Chaque dessin de Frédéric Fleury est un foyer d’ouverture. L’artiste souligne simplement l’espace qui détermine les séquences afin de le porter à un niveau supérieur de drôlerie. Chaque vignette au-delà de l’anecdotique surréaliste crée une magie particulière. Le comique lui-même est distancié grâce à une technique épurée et plus que parfaite.
Surgit une aube primitive à la racine d’images qui parlent en face à face de toute leur présence silencieuse capable d’agripper l’inconscient. A l’austérité du trait répond la fantaisie du propos selon des approches minimalistes ou baroques. Elles créent de traversées, pour passer des ramures au tronc là où l’artiste fait de la transgression un jeu.
Son « coffret » montre des vies en gestation et errance loin de toutes descriptions superflues. Les formes diversement stylisées « légendent » le réel Les traits parfois se multiplient, parfois se limitent au croquis. Tout joue de la délicatesse plus que de l’insistance. Il suffit chaque fois que le dessin possède ses attributs nécessaires quel que soit le domaine (sexuel ou non). Il permet de répondre à la question « pourquoi la ligne vole ? » Ici elle ne vole pas comme chez Chagall qui veut tout renvoyer à une mystique évanescence. Fleury opte pour un autre savoir et une autre emprise.
Indications, repères, points de naissance, telles sont les directions que l’artiste a en tête. Souvent la monochromie suffit. Pas besoin de compléter par d’autres couleurs pour donner la vie. Aucune nécessité de rougir les lèvres afin d’aller du clos à l’ouvert.
jean-paul gavard-perret
Frédéric Fleury,
– Coffret, Litterature Mineure, Rouen et
– La passion du bois », U.D.A., Paris, 2017.