Fraternité, conte fantastique (Caroline Guiela Nguyen)

Fraternité, conte fantastique (Caroline Guiela Nguyen)

La douloureuse présence des absents

Derrière un rideau translucide, des personnes conduisent une activité apparemment effervescente, sans prendre suffisamment garde les unes aux autres. On découvre un dispositif installé pour parler à des personnes disparues : la procédure mise en place est censée conjuguer des aspects scientifiques, psychologiques et sociaux. On apprend qu’au cours d’une éclipse, la moitié des humains a disparu.
L’installation dont on suit l’activité est un centre de soin et de consolation. Les messages se succèdent comme un rituel. On y lit le travail de l’absence, la négation du deuil et la nécessité d’explication. Le spectacle procède d’une hypothèse intéressante, mais il ne la fait pas suffisamment vivre ; la représentation apparaît en effet d’abord saturée de redondances. On se concentre sur l’impuissance des humains fragilisés par la perte.

Le postulat de Caroline Guiela Nguyen est que la fraternité se nourrit d’absence ; il y a là comme une exploration de la détresse constitutive de l’humanité. Lors de la deuxième partie, le propos heureusement évolue : l’idée d’une coalescence entre les sentiments de l’humanité et l’état de l’univers est explorée. Une autre éventualité est présentée : des scientifiques proposent d’alléger sa mémoire pour ne conserver que trois souvenirs.
Mais l’humanité subsiste dans sa situation d’incompréhension. Les moyens qu’elle mobilise pour se reconstituer reposent sur des hypothèses trop ténues pour s’avérer viables. La démarche reste vaine, un peu comme ce spectacle intéressant mais inaccompli car cantonné à des initiatives limitées des exemplaires humains présentés.

christophe giolito

 

Fraternité, conte fantastique

mise en scène Caroline Guiela Nguyen
artiste associée

Fraternité, Conte fantastique © Jean-Louis Fernandez

Avec l’ensemble de l’équipe artistique.

Texte Caroline Guiela Nguyen avec l’ensemble de l’équipe artistique ; collaboration artistique Claire Calvi ; scénographie Alice Duchange ; costumes Benjamin Moreau ; lumière Jérémie Papin : réalisation sonore et musicale Antoine Richard ; vidéo Jérémie Scheidler ; dramaturgie Hugo Soubise, Manon Worms ; musiques originales Teddy Gauliat-Pitois, Antoine Richard.

Au Théâtre de l’Odéon, Ateliers Berthier, 1, rue André Suarès, 75017 Paris.

Durée 3h (avec entracte), du 18 septembre au 17 octobre, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h.

Production Les Hommes Approximatifs ; production déléguée Les Hommes Approximatifs, Festival d’Avignon ; coproduction Odéon-Théâtre de l’Europe, ExtraPôle Provence-Alpes-Côte d’Azur*, La Comédie – centre dramatique national de Reims, Théâtre national de Bretagne – Rennes, Théâtre national de Strasbourg, Châteauvallon scène nationale, Théâtre de l’Union – centre dramatique national du Limousin, Théâtre Olympia – centre dramatique national de Tours, MC2: Grenoble, La Criée Théâtre national de Marseille, Le Grand T théâtre de Loire-Atlantique, Théâtre des Célestins – Lyon, La Comédie de Colmar – centre dramatique national Grand Est Alsace, La rose des vents – scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq, Le Parvis Tarbes Pyrénées, Théâtre national de Nice, Théâtre du Beauvaisis – scène nationale.

Coproduction internationale Prospero – Extended Theatre, Théâtre national Wallonie-Bruxelles, Théâtre de Liège, Les théâtres de la ville de Luxembourg, Centro dramático nacional – Madrid, Dramaten – Stockholm, Schaubühne – Berlin, Théâtre national Dona Maria II – Lisbonne, Thalia – Hambourg, Festival Romaeuropa.

Avec le soutien exceptionnel de la Direction général de la création artistique, avec la participation artistique du Jeune théâtre national et de l’Institut français – Paris, avec le soutien du Cercle de l’Odéon, avec le soutien de Trois Couleurs – France-Culture, de l’European theatre project Prospero Extended Theatre, Europe créative, programme de l’Union Européenne.

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