Franck Horvat, Photographic Autobiography
Franck Horvat : quand je est presque un autre
Dans les photographies ludiques de Franck Horvat les potentialités du corps se débattent avec l’arrogante matérialité de l’espace. L’œuvre pulvérise le vulgaire enchaînement des causes et des effets. La présence devient aléatoire et transformée par effet de « pillow book » au « grain » particulier et ironique. Aussi à la fameuse question de Bellmer : « Ai-je besoin de monstres pour illustrer la déficience humaine ? » Horvat répond par la négative.
Le photographe crée des points de fuite et des fantasmagories qui sortent le corps de sa trajectoire. C’est la surrection contre l’amorphe, qui ne se satisfait plus de l’esthétique platement anthropomorphique et de ses inventaires. Ne restent alors que l’apparition, le suppôt de la présence clignotante. Et au besoin Horvat suggère l’existence d’un passage qui mène de la solitude vers le monde, et donc vers le réel.
Se développe sur l’organique et à partir de lui-même une inversion ou un renversement des flots du corps. Il est « sens » dessus dessous par effet de surface.
jean-paul gavard-perret
Franck Horvat, Photographic Autobiography, Hatje Cantz, Berlin, 2017.