Entretien avec Carlos Liscano (La Route d’Ithaque)
Un roman et un recueil de nouvelles publiés simultanément : une mise à l’honneur méritée pour l’écrivain uruguayen Carlos Liscano
Des expériences les plus traumatisantes naissent parfois de grandes oeuvres – et le parcours de l’écrivain uruguayen Carlos Liscano en témoigne : incarcéré pendant treize ans par un régime dictatorial, période au cours de laquelle il connaîtra autant la torture physique que l’oppression mentale, il finit par se lancer dans l’écriture. Non par aimable divertissement mais pour survivre, ne pas sombrer. Il écrira sans relâche pendant les huit dernières années qu’il passera en prison, et poursuivra dans cette voie une fois libéré. La littérature latino-américaine gagnait ainsi en lui un représentant d’une puissance exceptionnelle selon les termes de Luis Sepúlveda, auteur chilien dont les oeuvres sont publiées par les éditions Métailié.
Le nom de Carlos Liscano s’est déjà frayé un chemin, discret encore, dans le monde littéraire français grâce au théâtre – quelques-unes de ses pièces sont régulièrement jouées dans notre pays. En ce début d’année paraissent simultanément un recueil de nouvelles – Le Rapporteur et autres récits aux éditions 10 / 18 – et son premier roman traduit en français – La Route d’Ithaque – aux éditions Belfond. À l’occasion de ces parutions Carlos Liscano effectuait un bref séjour à Paris, dont nous profitâmes pour le rencontrer – trop brièvement hélas, tant son emploi du temps était chargé. L’entretien a pu se dérouler dans les meilleures conditions grâce au concours de Jean-Marie Saint-Lu, traducteur du recueil de nouvelles et du roman, qui fut un parfait interprète et que je remercie de tout coeur.
Photo : © Louis Monier
Qu’est-ce qui, durant votre captivité, vous a conduit à l’écriture ?
Carlos Liscano :
Comme pour tout ce que j’ai fait dans la vie, le chemin n’a pas été tout droit… Avant d’écrire, j’étais étudiant-chercheur en mathématiques ; une fois en prison, j’ai continué dans cette voie, mais au bout de huit années d’emprisonnement, je me suis rendu compte que je n’avais plus les moyens de progresser en mathématiques – je n’avais ni les livres, ni les enseignants nécessaires cela. Et j’ai alors imaginé d’écrire un roman, au moins une fois dans ma vie…
En prison, les périodes de répression très dure alternent avec des phases moins éprouvantes ; et c’est pendant une période très dure de répression que j’ai commencé à écrire ce roman, pour ne pas me laisser abrutir et continuer à faire fonctionner mon cerveau. C’est donc d’abord par besoin de dérivatif intellectuel que je me suis lancé dans l’écriture. Puis ensuite, je me suis « piqué au jeu », comme on dit, et depuis lors, je n’ai plus cessé d’écrire.
C’est donc par le roman que vous avez fait vos premiers pas d’écrivain ?
Oui, et il y avait peut-être beaucoup d’orgueil dans cette entreprise… La plupart des écrivains, en Amérique latine, commencent par des récits brefs – et moi, novice en la matière, je prétendais écrire d’emblée un roman !
Votre libération a-t-elle beaucoup changé votre façon d’aborder le travail d’écrivain ?
Non, pas du tout. Mon activité d’écriture s’est poursuivie en prison pendant quatre ans, et pendant tout ce temps, j’ai aussi beaucoup réfléchi au métier d’écrivain. Et donc par la suite, après ma libération, je n’ai fait que poursuivre dans la voie que m’avaient montrée ces réflexions auxquelles j’avais abouti. Encore aujourd’hui, mon travail d’écriture est issu de ces quatre années-là. D’ailleurs, j’avais imaginé de très nombreuses histoires pendant ces années, qui ne sont devenues des livres que beaucoup plus tard.
Mon écriture est nourrie de mes lectures – on écrit toujours sur le terreau d’écrivains qui vous ont précédé – et c’est essentiellement à travers les livres dont j’ai pu disposer en prison, où je n’avais bien évidemment pas le choix de mes lectures, que je me suis formé. Ce que j’ai pu lire une fois libéré n’a fait que s’ajouter à ce que m’avaient apporté mes lectures durant mon incarcération.
Vous vous êtes exprimé dans toutes les formes littéraires – théâtre, roman, nouvelles, poésie. Le point de départ de l’œuvre et le processus créatif sont-ils très différents chez vous selon qu’il s’agit de l’une ou l’autre de ces formes ?
Il faut bien distinguer la poésie, qui est une forme très particulière, où des éléments très intimes sortent de tout façon, qu’on le veuille ou non. Tandis que mes textes en prose – et c’est la même chose qu’il s’agisse de théâtre, de romans ou de nouvelles – sont nourris de choses que je pense et que je veux faire dire par un personnage que j’invente. Pour dire à quel point les formes en prose sont proches, il m’est arrivé d’écrire une nouvelle qui est passée directement au théâtre sans que j’en retranche ou ajoute quoi que ce soit. Le texte en prose constituait un matériau brut qui convenait très bien aux gens de théâtre qui, d’une manière générale – pour peu que je puisse en juger à travers ceux que je connais – n’aiment pas qu’il y ait trop d’indications scéniques, de didascalies ; ils préfèrent de beaucoup un texte brut, et ensuite pouvoir se débrouiller pour tout ce qui concerne les décors, les lumières, les costumes…etc.
De toute manière, quand j’écris une pièce, ce n’est pas la peine que je mette des annotations parce que les metteurs en scène n’en tiennent pas compte et font ce qu’ils veulent…
Parmi vos nouvelles – publiées en recueil chez 10/18 sous le titre Le Rapporteur et autres récits – figurent des textes qui ont été adaptés au théâtre…
Oui, « Ma Famille », et « Le Rapporteur » – ce dernier texte a eu un parcours un peu bizarre : il a d’abord été écrit comme une nouvelle, mais a été joué au théâtre avant de paraître sous forme de nouvelle. Dans un cas comme dans l’autre, c’est moi-même qui ai adapté ces textes pour la scène.
Avant de paraître dans ce recueil, Ma famille a été publié par Les Édition théâtrales, qui ont aussi édité
deux autres de mes pièces, La Subvention et Changement de style.
C’est mon agent littéraire qui gère tout cela. Il faut savoir qu’il n’y a aucun lien entre les éditeurs spécialisés en théâtre et ceux qui publient romans et nouvelles ; ce sont deux univers complètement séparés – ce n’est d’ailleurs pas spécifique à la France. La renommée que peut acquérir un auteur de théâtre n’amènera pas forcément les autres éditeurs à s’intéresser à ses romans ou à ses nouvelles.
La Route d’Ithaque est écrit à la première personne. Est-ce un choix habituel chez vous ou bien écrivez-vous indifféremment à la première ou à la troisième personne ?
Bien que j’aie pratiqué les deux formes, il est beaucoup plus facile pour moi d’écrire à la première personne. Mais il est ensuite très délicat de bien marquer la distance entre le « je » narrateur et le « je » auteur.
Le prénom du narrateur a une connotation ironique, non ?
Oui. Ses parents sont de fervents communistes, et ils l’ont baptisé Vladimir en hommage à Lénine.
Pourriez-vous détailler un peu la genèse de La Route d’Ithaque ?
Ce roman est né essentiellement de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai pu observer en Europe quand je suis arrivé : la chute du mur de Berlin et ses conséquences, la guerre en Yougoslavie… etc. Ces événements m’ont amené à diverses réflexions sur l’émigration, que j’ai portées à l’extrême dans ce roman. Il y a donc bel et bien un fort substrat autobiographique, mais je ne suis pas Vladimir !
Sans doute ai-je parfois des idées proches des siennes – il m’arrive de me dire que la vie d’un citoyen lambda est bien compliquée, et que la meilleure façon de ne pas avoir de problèmes, c’est de ne rien posséder…Mais je suis parfaitement conscient que les SDF qui n’ont rien et vivent dans des cartons souffrent énormément ; malgré tout, ils éprouvent peut-être une sorte de jouissance à ne rien avoir du tout, à être ainsi libérés de toute contrainte. Personnellement, en tant que Carlos Liscano, je me contente d’une vie grise, avec confort… et obligations afférentes ! en quelque sorte, j’ai délégué à Vladimir mon désir de ne rien avoir, mon aspiration à l’ascétisme… certes, il possède toujours quelque chose – sa vision rêvée de la cabane, par exemple, mais cela n’a rien à voir avec « posséder quelque chose » au sens où on l’entend dans le cadre d’une vie convenue, conventionnelle.
Il y a deux façons d’être libre : résister, lutter, ou bien au contraire s’abandonner totalement ; d’une manière générale, je pense qu’on est beaucoup trop attaché aux choses, aux obligations, aux contingences, aux engagements… et que tout cela réduit considérablement la liberté de tout un chacun. Ce point de vue a probablement un rapport avec mes années d’incarcération : en prison, j’ai pu en effet constater que les prisonniers qui étaient privés de liberté depuis très très longtemps finissaient par ne plus vouloir posséder quoi que ce soit ; ils donnaient tout de façon à être complètement détachés de ce qui pouvait arriver et refusaient de garder fût-ce un verre, parce qu’un verre ça se salit, ça peut se casser…
Il m’a semblé qu’au fond, la seule limite qu’il y avait pour Vladimir au détachement absolu était cette vision chimérique, ce rêve qui persiste…
Oui, en effet ; son rêve, que figure sa vision de la cabane, c’est d’atteindre son Ithaque – le titre du livre se réfère à L’Odyssée, au voyage d’Ulysse qui symbolise le retour au lieu espéré des affections, de la sécurité, de la protection. Et il croit qu’Ingrid est un obstacle à cela parce qu’elle représente la tentation de la vie familiale, de la paternité. Ingrid, c’est le danger de l’attachement – et donc l’absence de liberté.
Il se raccroche à ce rêve, et aussi à cette entraide, cette solidarité qui existe entre les plus démunis. Mais Vladimir ne comprend pas qu’il n’existe pas de liberté absolue, qu’il est impossible d’échapper totalement aux contraintes de la société et que toute liberté est forcément négociée.
Tandis qu’il travaille à l’asile pour vieillards de Stockholm, Vladimir est l’un des seuls employés à parvenir à communiquer avec quelques internés. Y a-t-il selon vous une parenté entre la marginalisation sociale et l’exclusion mentale ?
Oui, je pense en effet que ces deux formes de marginalisation sont tout à fait voisines – l’une est même la métaphore de l’autre. Vladimir éprouve une sorte d’attraction pour l’univers de ces malades mentaux et en même temps il ressent tout le danger qu’il peut y avoir à les côtoyer de trop près. C’est d’ailleurs pour ça qu’il s’en va.
J’ai été frappée par l’extrême lucidité que Vladimir porte sur les dynamiques à l’œuvre dans les groupes humains ainsi que sur ses propres rouages psychologiques…
Le désir de Vladimir est d’aller au-delà de la surface des choses ; mais au lieu de penser que tout va s’améliorer, il est persuadé que tout va aller de mal en pis. Ça le transforme en une espèce de Cassandre – il est vrai qu’il est toujours plus facile de prédire des malheurs que des événements heureux, de même qu’il est plus facile de voir le mauvais côté des gens que leurs bons côtés.
Je pense qu’une telle conception de la vie a beaucoup à voir avec celle développée par le prisonnier qui, par définition, est quelqu’un de totalement privé de défense ; il est toujours obligé de prévoir les choses les plus tragiques s’il veut essayer de se protéger. Il ne peut se fier ni se confier à personne ; penser toujours au pire est donc une manière de se soulager : si ce pire n’arrive pas on est rassuré, et s’il survient, on s’y était préparé. Par exemple, quand un gardien lui donne quelque chose, le prisonnier se demande immédiatement quelle souffrance cela va lui occasionner, et c’est là le type de raisonnement que tient constamment Vladimir.
Le regard de Vladimir est donc imprégné de votre expérience carcérale ; est-elle extrême au point qu’il faille nécessairement passer par la fiction pour pouvoir en parler ?
Je pense surtout que c’est extrêmement ennuyeux de parler de la prison, et que ça n’a aucune utilité sociale. Mais ces années d’incarcération m’ont beaucoup appris, et ce qu’elles m’ont enseigné alimente mes livres. La leçon la plus importante que j’ai pu tirer de cette période, c’est une plus grande connaissance de l’être humain – dans ce qu’il a de meilleur et ce qu’il a de pire.
L’emprisonnement laisse une empreinte profonde par-delà la libération ; ainsi l’ex-prisonnier en vient-il, par exemple, à avoir d’autrui une perception pleine de préjugés parce qu’il était contraint, en prison, de toujours essayer de prévoir comment les autres personnes allaient réagir pour pouvoir lui-même réagir. Une autre des conséquences de l’emprisonnement est que l’on acquiert une très grande force quand on en sort vivant : face à des problèmes quelconques, un ex-prisonnier aura toujours le réflexe de se dire « Du calme, on va trouver une solution » À ses yeux, les gens du dehors, bien souvent, se créent des problèmes qui n’existent pas alors qu’il suffirait d’adopter une attitude un peu ferme pour que ces problèmes cessent d’en être. D’ailleurs, si un problème n’a pas de solution, ce n’est plus un problème – et donc à quoi bon s’en préoccuper ? Les conditions de détention apprennent aux prisonniers à réagir dans ce sens. Par exemple, un officier dira à un prisonnier qui possède deux livres, seulement deux livres qui sont toute sa vie : « Tu en seras privé pendant six mois » et il s’empare des livres en question. Le prisonnier lui répond : « Et alors ?… »
J’ai connu une épreuve analogue en prison ; l’un des officiers me persécutait sans cesse, m’insultait…etc. et je ne réagissais jamais. Un jour il m’a dit « Mais tu es un vrai chien ? » et je lui ai répondu « Oui, monsieur ». À compter de ce jour, il m’a fichu la paix. L’impassibilité était la seule solution possible.
À en juger par la définition que vous avez placée en exergue de votre roman, vous avez placé La Route d’Ithaque sous le signe du métèque ; y a-t-il une parenté entre la condition du métèque et celle du prisonnier ?
Je n’avais pas encore réfléchi à cette question… mais je perçois surtout une différence fondamentale : le métèque aspire à être un citoyen, alors que le prisonnier, par définition, n’en est plus un. Surtout, le prisonnier est un homme beaucoup plus fort. Même s’il lui arrive de renoncer au point de presque se laisser mourir, s’il passe ce cap, au bout d’un certain temps il connaîtra parfaitement ses droits et saura se battre pour les faire valoir – quitte à aller jusqu’à faire éclater le scandale de sa propre mort.
Ce qui ressort des observations de Vladimir, dans votre roman, c’est que finalement, malgré sa souffrance d’être exclu, le métèque reproduit vis-à-vis de ses semblables, aussi exclus que lui, les mêmes attitudes que celles adoptées par les gens du pays hôte..
Et bien pire encore ! le métèque ne connaît absolument pas le fonctionnement de la société dans laquelle il essaie de s’intégrer, mais malgré tout, il a tellement de préjugés qu’il attaque tout ce qui passe à sa portée.
Le « passé » du narrateur, Vladimir, est presque absent du récit, en dehors de quelques allusions assez vagues et de la présence furtive de ses parents ; on a donc un récit très ancré dans le présent de sa narration…
Les différents niveaux temporels du récit me posaient en effet quelques problèmes, et je voulais surtout éviter la lourdeur du passé composé ; c’était donc plus facile d’exprimer les choses telles qu’il les pense ou les perçoit et de les situer au moment où il les énonce.
Il y a assez peu de dialogues dans votre roman. Pensez-vous que les dialogues, du moins dans leur présentation typographique habituelle, représentent une gêne à la lecture ?
Non, pas forcément. Seulement quand ils sont mal faits… Il m’arrive de lire des livres où les dialogues sont mal écrits et là, en effet, ça représente une gêne. Si j’ai choisi de préférence le style indirect pour rapporter la plupart des conversations, c’est uniquement pour éviter les répétitions. C’est aussi parce que cette forme évite le pseudo-mimétisme, la reproduction prétendument « telles quelles » des paroles des personnages. Le style indirect résume, alors que le style direct décrit.
Vous avez d’ailleurs une façon très particulière d’utiliser le style indirect libre, où le locuteur apparaît à la troisième personne alors qu’il interpelle le narrateur – qui a ainsi un statut de deuxième personne…
En fait, la grande difficulté à laquelle j’étais confronté était de parvenir à faire exprimer plusieurs voix par le narrateur mais sans que cela occasionne de répétitions. Et cet usage un peu particulier que vous évoquez est le moyen que j’ai trouvé pour atteindre ce but et rendre la narration plus fluide.
Peut-être aussi est-ce une manière d’ancrer davantage les propos dans l’intériorité du personnage ?
Oui, et ça représente aussi une plus grande liberté pour le narrateur.
Le dénouement du texte laisse planer une forte ambiguïté… on devine qu’il s’agit d’une narration rétrospective et que le début du récit intervient après son dénouement – mais il y a comme un « blanc » entre ces deux points…
Mais cette ambiguïté est parfaitement délibérée ! et je ne sais pas moi-même ce qui s’est vraiment passé pour Vladimir.
Vous disiez tout à l’heure que vous aviez beaucoup réfléchi pendant votre captivité au métier d’écrivain. Ces réflexions ont-elles donné naissance à un ouvrage théorique ?
Non, je n’ai fait que me poser des questions, mais je ne donne pas de réponses…
Vous avez poussé très loin l’étude des mathématiques. Y a-t-il un point où mathématiques et écriture littéraire se rejoignent ?
Les mathématiques, au moins par quelques aspects, offrent un défi et un plaisir intellectuel qui, à mes yeux du moins, ont une relation avec la littérature. Les critiques disent que la structure de certaines de mes œuvres rappelle que l’auteur a une faiblesse pour les mathématiques. Je crois qu’il émane d’un roman bien écrit une harmonie semblable à celle qui caractérise la démonstration de quelques beaux théorèmes mathématiques.
Vous êtes en même temps traducteur et auteur traduit. Quel regard portez-vous sur l’acte de traduire ?
En principe, un auteur écrit pour un lecteur qui parle la même langue que lui – l’espagnol, en ce qui me concerne. Et c’est toujours une expérience étrange que de se lire dans une autre langue… par exemple découvrir mes textes en français : bien que je ne parle pas le français, je peux tout de même le lire. Je me demande d’ailleurs ce que le lecteur français peut trouver dans mes livres… je n’ai pas trouvé de réponse…
Être traduit c’est s’en remettre totalement à une autre personne, quelqu’un qui interprétera et écrira à nouveau le texte. Je ne porte aucun jugement sur le travail de mon traducteur pendant la traduction. Mais une fois le travail fini, on doute toujours… Tel mot a-t-il été bien compris ? cette expression n’a-t-elle pas donné lieu à contresens ? Quoi qu’il en soit, je sais que je dois respecter le travail effectué par le traducteur.
À quoi travaillez-vous en ce moment ?
Sur deux choses : un roman à tonalité ironique – mais dont je ne dirai rien de plus… et sur la suite d’un livre écrit il y a quelques années, Le Fourgon des fous, qui est en cours de traduction française. J’évoque dans ce livre ma période d’emprisonnement, et j’ai voulu écrire la suite, où je raconte comment je suis devenu écrivain.
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Propos recueillis par isabelle roche le 16 février 2005 à l’Hôtel Lennox à Paris puis par mail. |
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