Elio Pagliarani, Carla, une jeune fille
Proche du cinéma néo-réaliste italien, Elio Pagliarani, membre du « Gruppo 63 », a transformé la poésie descriptive mais en se servant de la technique de tels réalisateurs comme il a modifié l’esprit récitatif dans la poésie influencée en lui autant par le futurisme italien que par William Carlos Williams.
C’est pourquoi dans Carla, une jeune fille le poète transfuse le passé et le lyrisme pour initier son éducation des sentiments selon un lointain appel des « Promessi sposi » de Manzoni via et au-delà des idées poétiques de Gadda.
Tout un jeu du passé bucolique chez un tel auteur sent le bitume et le ciment mou lorsque les ouvriers le gâchent. Tout ici transforme donc l’idée de la poésie non sans souci désormais d’une forme d’objectivité d’une société milanaise « post war » – comme son écriture elle-même. Elle se veut plus de la rue que des canons esthétiques.
jean-paul gavard-perret
Elio Pagliarani, Carla, une jeune fille, traduit de l’italien et présenté par Ada Tosatti, édition bilingue, Editions Nous, 2024, 112 p. – 14,00 €.