Edouard Dor, Rothko pour s’y perdre

Edouard Dor, Rothko pour s’y perdre

La conscience égarée

Il suffit à Edouard Dor de quelques pages pour synthétiser l’essence de l’œuvre de Rothko. Marcelin Pleynet et Catherine Millet avaient entamé en France sa reconnaissance critique. Désormais, l’œuvre est à juste titre incontournable. Son mérite : ne pas se laisser »apprivoiser » facilement.
Et Dor de rappeler que l’exposition de ses toiles réclame un éclairage faible afin de laisser jaillir leur couleur intérieur et pour  que leur apparence ne se déforme pas. D’autant que la puissance du pigment (orange par exemple) en augmente la puissance.

Pas besoin donc d’adjuvant afin que le tableau parle : il convient, dit le critique, de se perdre en son couloir, s’évader du monde pour en atteindre un autre au sein de rectangles qui flottent là où au fil du temps et du travail « une ligne d’horizon » se met à « barrer tout la composition », là où visible et invisible s’adjoignent comme « l’infini et le fini » par la force d’une émotion. Elle fait trembler la toile dans son effet rideau et miroir propre à plonger la psyché bien au-delà d’une simple représentation.
La conscience comme égarée perd ici  ses repères.

jean-paul gavard-perret

Edouard Dor, Rothko pour s’y perdre, Editions Espaces et Signes, Paris, 2017, 56 p. – 9,50 €.

 

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