Didier Ayres, Cahier Expérience, 12

Didier Ayres, Cahier Expérience, 12

Les textes qui forment le cahier Expé­rience ont été conçus pour la publi­ca­tion vir­tuelle sur la Toile. Ils sont donc un exer­cice de la vélo­cité, au pré­sent. Cela n’enlève en rien le tra­vail de recons­truc­tion du livret depuis le manus­crit, réservé exclu­si­ve­ment au Web. J’ai pensé que cette aven­ture litté­raire en ligne se rap­pro­che­rait peut-être de l’écriture de Paci­fic 231, sorte de calque de la musique savante sur un objet de la moder­nité, ici dans le sens inverse, créée pour, vers une tech­no­lo­gie comme sup­port.
Je tra­vaille donc au fur et à mesure pour livrer ces textes, qui sont des points de vue par­fois abs­traits sur ma connais­sance du monde.

 

Moi, je cultive mon jardin,

J’y passe mon temps.

Guillevic

Écrire facilite l’avènement de la réalité. C’est un principe de report vers une forme concrète. C’est un dialogue. Un passage de l’un vers l’autre, du langage vers sa concrétude.
Quel prix pour cette union ? Pourquoi le texte semble nécessaire ?

Il faut admettre qu’il existe une sorte de vérité qui ne se prouve pas. Vérité peut-être revenant par l’absence, celle de la fleur du bouquet, fleur manquante qui poursuit le bouquet jusqu’à son abstraction, jusqu’à l’expression intérieure.
Une manière de se tenir en un lieu de la pensée.

Je chemine, voilà tout. Et en cheminant, je me concentre sur la pulsation, sur l’écho de quelque chose qui pense.
Je balance dans cette pesanteur, celle de la quête d’un trésor, avec son poids d’incertitude.

La présence, la Présence.

Cela conduit à des extases, des humeurs opiacées, si je puis dire.
Sur une route qui reste toujours nouvelle, la culture du jardin au-dedans, l’image d’un château mystique, de cercles concentriques, de divers lieux de contemplation.

L’on doit se défaire souvent de mots du vocabulaire littéraire, composer avec des expressions nouvelles qu’il faut varier, même si l’idée est simple, allant de soi, quand le vocabulaire est petit, fait de très peu.
Je ne cesse de voir devant moi, ce qui advient, quand ce qui est advenu n’est déjà plus nouveau, ou encore quand le travail de l’écriture se laisse sous-entendre.

Il faut jouer sur cette crête, ce passage double, cette fracture.
Seuls les mots : le pluriel, l’expérience, l’effet de la raison (en tout cas pour moi), l’échange, reviennent à lutter, à se défaire des évidences, ou plutôt à justifier les évidences dans une langue claire et vive.

Le principal combat, c’est l’accueil.

 didier ayres

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