Denis-Pierre Filippi & Silvio Camboni, Prima Spatia – t.03 : « Résurrections »
Quelle saga !
Dans la cité du Prima Spatia, Alba et Isandre se préparent à rencontrer les membres du haut Conseil. Grâce à l’ADN d’Alba, Isandre compte prouver qu’elle est bien la fille de Daladyn l’impie, et qu’elle a toute la légitimité pour siéger parmi eux. Mais ce n’est pas chose facile car certains membres veulent l’évincer, leurs intérêts politiques divergent. Alba souhaite se battre pour la protection des créatures stellaires avec lesquelles elle a établi une connexion exceptionnelle quand d’autres n’espèrent que tirer profit de leur exploitation.
En attendant, Alba se lance sur les traces de son père disparu il y a quinze ans. Ce dernier a été banni de la cité. Dans sa quête, la jeune fille peut compter sur un être cher, sa mère Olena qui a réussi à s’évader de sa prison pour la rejoindre. En compagnie de l’équipage de la Flèche, à savoir Stella, Di, Emett et Olson, elle s’embarque à bord de l’Aiguille direction l’espace…
Sur un étrange astéroïde, l’équipage découvre le laboratoire de Daladyn, ses recherches et le précieux sérum nanobio qu’il fabriquait. Mais nulle trace du savant. Alors qu’ils commencent leurs recherches, un traître parmi le groupe révèle son vrai visage pour compromettre la mission.
Alba parviendra-t-elle à retrouver son père ? Quel secret a découvert l’homme de science sur l’univers et ses créatures avant de disparaître ?
Avec ce troisième opus qui clôt la série, les auteurs offrent un dénouement d’une belle adéquation avec l’esprit de la saga. Dans cet univers de science-fiction qui a pour décor une galaxie où les tensions s’exacerbent, c’est le récit d’une quête à la fois existentielle et spirituelle. La politique prend le pas sur l’écologie avec la volonté d’exploiter les énigmatiques créatures. Le scénariste soulève le souci de la préservation des espèces, de la bioéthique.
Au centre du jeu se place une jeune héroïne qui, de fuyarde, devient un personnage essentiel. Elle se trouve confrontée à la recherche de sa personnalité, au fait de devoir éclaircir ses origines dans le cadre d’enjeux politiques énormes. Les péripéties ne manquent pas, alimentées par de nombreux secrets, des explorations et des chausse-trappes.
La mise en images se partage entre Silvio Camboni, pour le dessin, et quatre coloristes d’Arancia Studio, aidés de trois assistant(e)s à la couleur. Si le premier, avec ses lignes tout en rondeur, son élégance et sa douceur, fait preuve d’une imagination très fertile pour la galerie de protagonistes, ses décors et ses énigmatiques créatures, les coloristes rivalisent dans un déferlement de teintes des plus réussies pour des planches absolument superbes.
On avait été ébloui par le scénario et le graphisme du Voyage extraordinaire (Vents d’Ouest), mais cette série semble surpasser, au point de l’innovation graphique, la précédente.
La conclusion de cette saga qui mêle aventure, héroïsme, créatures, science-fiction et space opera est très réussie. Elle fait attendre, avec une certaine impatience, le résultat de la prochaine collaboration des auteurs.
serge perraud
Denis-Pierre Filippi (scénario), Silvio Camboni (dessin), Arancia Studio (couleurs), Prima Spatia – t.03 : Résurrections, Vents d’Ouest, coll. 24×32, avril 2025, 56 p. – 14,95 €.