David Tremlett, Tools of the trade – outils du métier

David Tremlett, Tools of the trade – outils du métier

Entre affect et méditation

David Tremlett est un irrégulier de l’art. Et un indépendant. Quittant très vite le fameux mais académique Collège of Art de Londres, il est parti en Inde en quête d’émotions qu’il a retranscrites sur le papier ou sous forme de peintures murales qu’entre autres le Mamac a exposé. Pour Richard Meier, il a proposé une œuvre particulière et photographique. En hommage à l’éditeur pour qui l’écrit fait masse (mais pas seulement), Tremlett propose de manière ironique et sans commentaire les alignements et les entassements des stocks qui servent à l’artiste à l’épanouissement sur papier de ses substantifiques moëlles. S’y mêlent ses séries de C.D. : de l’excellent et méconnu Bill Frisell à Steve Reich, Verdi, Ward, Riley, Obey entre autres.

A chaque alignement de C.D. répond, sur la page en face, les rames de papier couleur et quelques compléments techniques qui leur répondent en une sorte d’échos et de « repons » des sens. Rimbaud en serait ravi. A Dylan répond le noir, à Lightning Hopkins le gris, à Sonny Landreth le cinabre vert, etc. Une fois de plus, Tremlett exprime de manière traversière et intime son ravissement du monde et la manière de le célébrer.
L’artiste fait éprouver la moiteur des éléments qui lui parlent : elle semble au sein même de la fixité sortir de l’engourdissement dont nul ne sait s’il vient des choses, de la pensée, d’une musicalité ou d’un lieu d’images sourdes. Demeure comme une lumière intérieure et tout semble soudain moins lourd. Transparait insidieusement une méditation sur l’indicible qui habituellement échappe.

jean-paul gavard-perret

David Tremlett, Tools of the trade – outils du métier, Voix Editions, 2017.

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