Danila Tkachenko, Restricted Areas
Danila Tkachenko est né en 1989 à Moscou. Il vit et travaille à Moscou. Ses photographies évoquent un songe. Mais qui exige l’éveil. Se perçoit toujours une inquiétude sous-jacente dans des œuvres au caractère minimaliste. Les objets semblent sortir d’un cocon sous forme d’état d’immanence. Ce qui les entoure est occulté. Et les objets eux-mêmes jaillissent à l’état de fragments comme sorti d’un labyrinthe.
Chaque prise propose un voyage où il manque volontairement une continuité. Tout vaque entre deux états extrêmes : celui de l’ombre, celui de la clarté. Le monde physique et le monde métaphysique se rejoignent sous forme aussi rudimentaire que « monstrueuse ».
L’existence semble privée de temps. Ou du moins celui-ci est arrêté. Le spectateur tente de pénétrer ou de déchiffrer un lieu ou un phénomène. Au réel est substitué son remplacement en une suite de réductions. L’objet réel reste dans un état de veille. Seul un point de réalité apparaît.
La continuité qui sert de fond au réel est donc tronquée. Il s’agit de se frayer un chemin dans ce qui perce à l’état flottant, embryonnaire.
jean-paul gavard-perret
Danila Tkachenko,
– Restricted Areas, texte de H.G. Wells, Dewi Lewis Publishing en association avec Actes Sud pour la version française, 2017, 80 p.
– Expo : Skopia, Genève du 20 janvier-11 mars 2017.
