Daniel Dezeuze, Sous un certain angle (Exposition)
L‘image n’est jamais, quoiqu’en pensent certains artistes, une évidence. Pour sa part, Daniel Dezeuze le sait. Nous pouvons même dire depuis toujours. Il a conscience que la seule évidence dont l’image peut se targuer, c’est de l’évidence de l’évidemment ou si l’on préfère de l’évidence du distinct qui devient la distinction même.
Sans cela, il n’y a que décoration ou illustration. C’est-à-dire soutien à une signification. Mais Dezeuze touche – et ce depuis son époque support- une surface à laquelle il fait retour mais selon d’autres angles- à la présence invisible du distinct, à la distinction de sa présence.
Nietzsche savait que, même dans le fond de l’image, ne se coulait aucune vérité et en ce sens, l’artiste en évacue l’écran pour des cadres intitulés « En vérité ». Ce qui est la réponse des plus pertinentes au philosophe.
Par les découpes, le fond n’est plus distinct comme fond en de telles « images ». Si bien que Dezeuze évite le piège de la profondeur comme de la surface.
Bref, exit les possibles naufrages ou le ciel lumineux. L’intimité de l’art se réduit aux acquets de ses structures qui captivent dans une sorte d’ « éloignement » où l’image se retire.
jean-paul gavard-perret
Daniel Dezeuze, Sous un certain angle, Galerie Templon, Beaubourg, du 12 janvier au 9 mars 2019.