Dale Furutani, Vengeance au palais de Jade

Dale Furutani, Vengeance au palais de Jade

Deuxième aventure du rônin Matsuyama Kaze dans sa quête pour retrouver la fille de sa maîtresse.

Vengeance au palais de Jade est le deuxième volet d’une trilogie mettant en scène le rônin Matsuyama Kaze, à la recherche de la fille de sa maîtresse. Après La Promesse du samouraï, où notre héros au bon cœur – il défend les paysans alors qu’un samouraï a droit de vie et de mort sur eux, selon son humeur – avait croisé le chemin d’un trio atypique avec à sa tête une grand-mère matrone qui lui avait remis un morceau de tissu provenant du kimono de la fille qu’il recherchait, le voici relancé dans sa quête.

Malheureusement pour Kaze, les trois voyageurs sont déjà loin quand il se rend compte de l’importance de cette étoffe qu’il vient de récupérer, et qui servait à emballer un présent. En effet, ils ont obtenu le droit de venger leur famille des crimes du marchand Hishigawa. Ce dernier a enlevé une jeune fille dont il était amoureux, et a tué son père, un samouraï. Et dans le Japon de 1603, ce Japon féodal où le Bushido est règle d’or, un marchand est plus bas qu’un paysan. Il n’a aucunement le droit de porter la main sur un samouraï. C’est pourquoi les Noguna sont très remontés. Matsuyama Kaze va être mêlé à cette vengeance. Hishigawa dont il ne connaît pas le cœur sombre est attaqué par des brigands sur la route. Le rônin part à son secours, et se retrouve confronté à un autre samouraï, le chef des brigands. Pendant ce duel, son katana se brise. Avec le wakizashi de son adversaire, il en sort vainqueur, mais son wa est troublé. Car une lame forgée par un des meilleurs armuriers du royaume ne se brise pas sans raisons. Il accepte néanmoins d’escorter le marchand jusqu’à son domaine. Après de multiples péripéties où Matsuyama Kaze fait étalage d’adresse et d’ingéniosité, ils arrivent sains et saufs. Là, Hishigawa propose au rônin d’entrer à son service. Mais le rônin comprend très vite qu’il se trame de bien funestes actions en cette demeure à l’apparence pourtant paradisiaque. L’amour, le vol, la félonie et la prostitution hantent les lieux. Et quand un ninja tente d’assassiner Matsuyama Kaze, c’en est trop. Justice doit être rendue. Notre samouraï doit sortir son nouveau katana de son fourreau, et surtout, s’en servir pour tuer.

Ce deuxième roman est aussi empreint d’une subtile dose d’humour et de causticité que le précédent. Il est toujours surprenant de découvrir un samouraï qui ne manie pas que son katana, et qui excelle dans le sarcasme… Chaque chapitre s’orne en exergue d’un haïku, résumé de ce qui va suivre sous une forme plus ou moins énigmatique :
Un mince ruban d’acier
recelant un esprit noble
et le talent d’un maître.

Le texte est explicatif, très didactique. Chaque coutume est d’abord énoncée, puis subtilement expliquée. Le lecteur s’immerge dans un Japon méconnu aux nombreux mystères. Tout ce qui concerne la vie courante, et qu’on ne peut comprendre aujourd’hui, est parfaitement décrit. Dale Furutani alterne le passé et le présent en faisant se remémorer les leçons que Matsuyama Kaze a rçues de son senseï. On découvre alors que le samouraï est bien plus qu’un guerrier – même si c’est sa fonction principale : il est aussi un être raffiné, qui cherche avant tout l’équilibre personnel. Ne doit-il pas être rompu aux usages qu’exige le savoir-vivre (étiquette, cérémonie du thé), et aux arts traditionnels du Japon (danse, chant) ?
Maintenant, il faut attendre un peu pour connaître le dénouement de cette noble quête que poursuit Matsuyama Kaze.

julien védrenne

   
 

Dale Furutani, Vengeance au palais de Jade (traduit de l’anglais – Etats-Unis – par Katia Holmes), 10-18 coll. « Grands détectives » (n° 3815), septembre 2005, 283 p. – 7,80 €.

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