Corine Sombrun, Dix centimètres loi Carrez

Corine Sombrun, Dix centimètres loi Carrez

Ce livre pèse : des livres ! Des tonnes d’atonie ! Enfin, il faut admettre : cela tombe des mains.


Q
uoi de plus difficile que d’écrire l’amour, que de décrire ce sentiment qui englobe pensée, pulsion, palpitation du monde ? Sans y prendre garde, on tombe aisément dans le lieu commun, là où les clichés se prennent, là où passent et repassent les truismes d’antan. Car la chair est triste lorsqu’on lit certains livres : ceux qui ne délivrent que des vents. Tourner les pages fait alors un bruit de vide, plein de foutaises, assourdissante vacuité des mots qui s’égrènent sans aviver le moindre sens. S’il suffisait de dire « merde » pour être Queneau, de répéter « couille » et « cul » pour devenir Henry Miller, ça se saurait ! Mais non ! La mode est là comme un modelage : écrire ce qui se vent. Oublier la littérature et son dégoût de ce qui est au goût, de ce qui passera comme un mauvais café.

L’érotisme, la pornographie même requièrent du talent – savoir prendre la mesure des choses afin d’en répercuter les dimensions possibles. La description qui énumère, le dialogue qui se tutoie, le style qui n’en a pas, cela ne suscite pas l’envie, et le désir débande, et l’ennui se déploie. Le livre pèse : des livres ! Des tonnes d’atonie ! Enfin, il faut admettre : cela tombe des mains.
 
daniel leduc
Corine Sombrun, Dix centimètres loi Carrez, Belfond coll. « comme un roman », 2004, 189 p. – 13,90 €.

 
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