Collectif, Onze fois l’OM, Le tacle et la plume

Collectif, Onze fois l’OM, Le tacle et la plume

Onze auteurs nous plongent sous les lumières du Stade Vélodrome dans leur univers noir.

Onze fois l’OM est un recueil collectif de nouvelles entre auteurs parisiens et marseillais à la suite de la rencontre OM-PSG de novembre dernier. Rencontre qui s’est soldée par la victoire 1 à 0 des Parisiens. Victoire qui, de l’avis unanime des Marseillais, adeptes des galéjades, est un véritable hold-up. Onze nouvelles pour onze joueurs, comme dans une équipe.

Mais il fallait une parité, un des auteurs, anonyme, Monsieur Brun, est lyonnais et représente donc l’Olympique Lyonnais. Sa nouvelle (« J’ai raté le match ») est l’une des plus réussies de cette anthologie. Elle met en scène un supporter de l’OL désireux de faire un coup au Vélodrome. Il envisage de traverser le stade et d’interrompre la partie vêtu d’un maillot de son équipe fétiche qui est à la recherche d’une reconnaissance nationale et d’une notoriété à l’égal de celles du PSG et de l’OM qu’elle jalouse. Malheureusement pour lui, son « fait d’armes » passera, un peu de façon ubuesque, totalement inaperçu allant même jusqu’à être absent des images télévisées.

Que dire de l’ensemble ? Comme toujours il y a inégalité. Dans la longueur et dans la qualité. Dans l’originalité et dans la différence. Didier Daeninckx (« Les Fous du Foot ») nous plonge dans un futur où le football est interdit et où endosser un maillot d’une équipe disparue est un crime. Frédéric H. Fajardie (« Match nul ») appose à la rencontre OM-PSG un enjeu entre un ange et un diablotin, le PSG gagnant pour permettre à une femme de retrouver goût à la vie.

Lensemble varie entre sécheresse et concision du style avec Didier Daeninckx et émotion et nostalgie avec Xavier-Marie Bonnot. Finalement, un collectif qui donne une impression plus que mitigée. Un peu comme une équipe de foot. Les grands joueurs ne forment pas forcément une grande équipe. Il manque à cet ensemble une osmose qui permette une homogénéité. Les nouvelles paraissent, dans ce recueil, heurtées. Il ne faut pas tomber dans le travers de les lire toutes d’une traite. Il faut les laisser reposer, décanter. Ainsi prennent-elles une autre saveur.

julien védrenne

   
 

Collectif, Onze fois l’OM, Le tacle et la plume, L’écailler du sud « Spéciales » n°12, 2004, 120 p. – 11,00 €.

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