Christophe Bec & Germano Giorgiani, Sinisterra – t.01 : « Pour une étoile ou deux »
Quand la violence sévit…
Dans la nuit, une jeune femme se relève, enfourche un cheval et part retrouver l’homme qui l’attend dans la montagne.
Dans le village d’El Paso, au Texas, le shérif Barret est prévenu qu’une bande de Mexicains entre dans le bourg. Il connaît Jésus Balnco, le chef du groupe. Celui-ci veut justifier sa position mais ne convainc pas le policier qui le chasse. Le temps, pour le shérif, de réintégrer son local, Jésus revient et enlève, en pleine rue, l’institutrice qui faisait rentrer les enfants dans l’école. Jésus est l’organisateur d’une révolte dans une mine.
Pour faire face, Barret fait appel à une compagnie de Texas Rangers. Le lendemain, Angel Luis, Sinisterra arrive… seul. Devant l’étonnement du policier, il assure être capable de mater cette révolte. Ensemble, ils se lancent sur les traces de Blanco, un Blanco qui a enlevé une institutrice tout à fait consentante…
Le scénariste invite à découvrir un western très éloigné de ce qu’Hollywood a pu pondre, bien loin des personnages incarnés par un John Wayne, par exemple. Il présente un shérif qui impose sa loi, mais qui est soumis à une prise intensive de médicaments. Il associe celui-ci à un policier métis, partagé entre deux sangs, entre Mexicain et États-uniens. Son métier le confronte à un univers où la frontière entre justice et banditisme, entre loyauté et trahison est très poreuse.
Bien sûr, la recherche du profit, la violence sont partie prenante du récit, générant cette révolte. Le métissage de Sinisterra l’amène à des positions tranchées, peu compatible avec l’autorité légale dont il est dépositaire.
Autour de ce duo, Christophe Bec à conçu une galerie attractive tout à fait dans l’esprit de l’époque et des lieux. Quelques flashbacks suscitent nombre d’interrogations en attendant les éclaircissements à venir dans les prochains albums.
Avec Germano Giorgiani pour le dessin et Sandrine Cordurié pour les couleurs, le graphisme atteint ses objectifs. Entre un dessin réaliste, des décors à l’encan servis par une série de teintes remarquablement choisies, les planches séduisent le regard.
La mise en page donne une belle place aux portraits exposant ainsi émotions, sentiments. La tension du récit, les violences sont relayées avec à-propos.
Un premier tome qui se découvre avec intérêt pour l’humanité du sujet, le cadre qui se prête bien aux thèmes en cours de développement et un graphisme qui se laisse regarder avec plaisir.
serge perraud
Christophe Bec (scénario), Germano Giorgiani (dessin) & Sandrine Cordurié (couleurs), Sinisterra – t.01: « Pour une étoile ou deux« , Oxymore, coll. Western, février 2026, 52 p. – 16,50 €