Charlotte Gneuss, Les jeux heureux de l’enfance

Charlotte Gneuss, Les jeux heureux de l’enfance

Dans la banlieue de Dresde, en Allemagne de l’Est, dans les années 1970, Karin, seize ans, s’occupe de sa petite sœur après ses cours pendant que ses parents rêvent d’une autre vie. Lorsque Paul, son petit ami, disparaît du jour au lendemain, Karin est convoquée par la Stasi, la police politique qui fait régner la terreur. Elle découvre un univers où la charge de la surveillance pèse sur chaque geste, où une seule parole peut briser des destins, des vies.

À travers les yeux de cette adolescente, la romancière plonge dans le quotidien d’une famille abusée, entre une grand-mère hantée par son passé pendant la guerre, des parents qui essaient de ne pas perdre pied et une sœur cadette à protéger. En racontant un premier amour face à l’oppression, elle explore ces lignes fines entre trahison et loyauté, entre adhésion à une forme de régime politique ou résistance.
Charlotte Gneuss renouvelle le regard sur une époque dans un récit aux thèmes universels comme suivre le parcours de cette jeune fille soumise tant à un désarroi social qu’à un désir de liberté. Cette vision contemporaine sur la RDA – République Démocratique Allemande – est d’une justesse émotionnelle rare tant les excès de ce régime sont douloureux à revivre.

Ce premier roman conjugue avec brio les émotions fortes de l’adolescence et les rouages psychologiques de l’oppression. Une nouvelle voix littéraire à suivre !

Charlotte Gneuss, Les jeux heureux de l’enfance (Gittersee), traduit de l’allemand par Rose Labourie, Les Argonautes éditeur, janvier 2026, 256 p. – 21,00 €.

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