Austen et Cossin, L’Infini – Tome 1 : « La citadelle du vide »

Austen et Cossin, L’Infini – Tome 1 : « La citadelle du vide »

Dans un futur indéterminé, une intrigue policière se développe dans un univers où les hommes ont le cerveau bourré de récepteurs.

Ça se passe sur une arche stellaire, dans un futur où les humains sont greffés de récepteurs qui leur permettent une sorte de connexion Internet perpétuelle à des réseaux virtuels bien pratiques – on peut faire ses courses ou s’envoyer une donzelle de synthèse sans se déplacer ni ciller. Un ex-flic a le système tout patraque : un déconnecté, comme on les appelle, ces pauvres victimes d’une défaillance technologique qui fait revenir à l’ère préhistorique du contact réel et de la poignée de main. Moi, je dois dire, comme ça, de but en blanc, les arches stellaires et les cerveaux empucés, c’est pas ma tasse de thé. Il en faut plus pour être original. Vous allez dire : c’est un décor. Très bien, attendons l’histoire. Au passage, voyons si l’esthétisme accroche. À mon goût, c’est un graphisme d’arche stellaire, voilà, et vous sentirez poindre une certaine lassitude. Des visages relativement standards, couleurs homogènes genre cuisine équipée, bon, quelques vues en contre-plongées agréables, c’est impeccable, le trait et le détail sont soignés. Pour l’instant, on dira que les auteurs n’ont cure d’inventer un style. Sans doute, me dis-je, est-ce l’emploi d’une technique fiable, efficace, au service du scénario. Très bien. Poursuivons.

Des tueurs traquent un jeune garçon et font un trou, comme ils sont maladroits, dans le mur du déconnecté ex-flic. Celui-ci les tue grâce à son flingue à tête chercheuse, nous sommes dans un monde moderne. L’enquête commence. Qui est ce petit d’homme ? On cherche sa maman mais la maman a disparu. Les méchants remettent ça et mitraillent les gentils qui heureusement sont plus intelligents et s’enfuient et rencontrent une jolie héroïne dont on devine, car on est futés, qu’elle va s’émouvoir et les aider. Bien bien bien. Il semble que le jeune adolescent soit un greffé clandestin, d’ailleurs. On se demande fichtre donc ce que cela signifie. L’ex-flic parviendra-t-il à savoir le comment du pourquoi ?

Voilà.

Je dirais, pour me rattraper, que le langage employé est haut en couleurs, et qu’une certaine dose d’humour caustique agrémente les situations et les dialogues. De plus, le gamin a une délicieuse tendance à la cochonnerie, détail qui lui donne une personnalité attachante. Quant au flic, il ne se souvient pas de quelque chose d’extrêmement important, ça lui reste comme au bout de la langue, la faute à ce fichu récepteur en dysfonctionnement, sans doute, et en refermant l’album, on se dit que, quand même, on aimerait bien savoir ce qu’il oublie d’essentiel, le gars. S’il y a un tome 2, donc, on l’achètera, allez.

sandrine lyonnard

   
 

Austen et Cossin, L’Infini – Tome 1 : « La citadelle du vide », Les Humanoïdes Associés, janvier 2005, 78 p. – 12,60 €.

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