Annabelle Boyer et les raisons du cœur : entretien avec l’artiste

Annabelle Boyer et les raisons du cœur : entretien avec l’artiste

Entre dissemblance et figuration, Annabelle Boyer explore un monde subjectif où la révélation se construit sur l’expérience personnelle de l’artiste par son histoire, ses connaissances, ses fouilles. Rien de scientifique, ni de démontrable. Il n’est pas question d’élaborer de grandes théories philosophiques. L’art est là pour envisager l’être et le monde selon divers processus de dématérialisation ou de corps et réactualisation.
Tout un rituel perceptif participe d’un nouveau mystère, d’une sacralisation originale de la vie. Et il n’est pas jusqu’aux « sanglots ardents » dont parlait Baudelaire de surgir là où l’œuvre devient le miroir brisé du simulacre en un souhait de transformation et de transgression – mais surtout de beauté – selon une approche sensible, esthétique personnelle, intuitive.

Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Tout dépend de l’heure, je suis insomniaque.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Je ne me suis jamais considérée comme une enfant !

A quoi avez-vous renoncé ?
Aux mensonges.

D’où venez-vous ?
De la province, en Bourgogne.

Qu’avez-vous reçu en dot ?
Le caractère dur de mon grand père maternel.

Un petit plaisir – quotidien ou non ?
Du chocolat noir 85% et plus.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Mon cœur pur.

Quelle est la première image qui vous interpella ?
L’affiche du film « L’exorciste ».

Et votre première lecture ?
Jules Verne.

Comment définiriez-vous votre approche d’ « Eve » ?
Le désir d’extirper le mal qui est en chacun de nous, le disloquer et le montrer, brut tel qu’il est, avec une touche de sensibilité.

Quelles musiques écoutez-vous ?
The Cranberries, Mylène Farmer, et plus récemment Birdy et Lana del Rey. Pour le côté folie, j’adore Lady Gaga, elle me donne envie de danser !!!

Quel est le livre que vous aimez relire ?
Edgar Allan Poe et ses Histoires Extraordinaires.

Quel film vous fait pleurer ?
Frankenweenie de Tim Burton, il me fait penser à mon petit chien. (Pour ne pas l’oublier, je porte ses os dans un médaillon en pendentif).

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
La nouvelle journée à affronter

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
A ma petite sœur que j’adore.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Pompéi.

Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?

Cindy Sherman, Diane Arbus, Lisette Model et Robert Mappelthorpe. Kafka, Poe, Baudelaire, Dostoïevski.

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Un je t’aime de la part de mon père.

Que défendez-vous ?
L’honnêteté, je déteste l’hypocrisie.

Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »?
Ne pas se soucier de ce que veulent les autres, parler avec son coeur est la plus pure façon de vivre

Que pensez-vous de celle de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ? »
Quand on nous éduque, on nous apprend à toujours répondre « oui », même si on n’a pas compris la question !

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Quelle sera votre prochaine histoire photographique ?

Présentation et entretiens réalisés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 27 avril 2016.

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