Andrea Inglese, Mes adieux à Andromède

Andrea Inglese, Mes adieux à Andromède

Une galère sans rémission

Andrea Inglese est poète, romancier, traducteur et essayiste. Il vit dans les environs de Paris et enseigne les Sciences Humaines. Il livre ici une narration très intime d’une histoire d’amour « vieille » de neuf ans. C’est « la plus importante, la plus longue et la plus intense » que le narrateur (auteur) a vécue avant qu’elle s’écroule et éclate « en plusieurs figures probables, ou à peine amorcées, indécises ».
L’amour est – en théorie mais en théorie seulement – éternel, solide, évident. Mais il implose en devenant « un morceau improvisé jour après jour, de sorte qu’on ne pouvait vraiment plus rien prévoir et que tout devait être expliqué, imaginé à nouveau ». Cela est forcément épuisant.

Et cet amour se délite en face de « La Libération d’Andromède de Piero di Cosimo, « dont la reproduction était restée collée au moins trois ans dans les toilettes »…
L’affiche d’art devient le témoin muet de ce qui ressemble à une galère sans rémission quoique et désormais l’on fasse.

Certes, seul le narrateur donne sa version. Et le lecteur curieux aimerait connaître le version de l’aimée désaimante… Néanmoins, l’art est une ressource inestimable face au dur métier de vivre lorsque tout entre dans les ténèbres.
L’auteur trouve de la sorte une trame grâce à cette présence fascinante et muette pour « organiser mon histoire amère », une histoire éparpillée qui semble devenir à la limite de l’absurde.

La peinture en propose une paradoxale issue par une identité plurielle qui conjugue deux temps et deux aventures qui joignent le mythe et la réalité.

jean-paul gavard-perret

Andrea Inglese, Mes adieux à Andromède, traduction de l’italien de Eloisa Del Giudice, art&fiction, coll. Shush Larry, Lausanne, 2020, 90 p. – CHF 14,90.

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