André Dhôtel, La littérature et le hasard

André Dhôtel, La littérature et le hasard

André Dhôtel se réclamait artisan de la littérature. Il avait le goût des choses bien faites et le travail mené à son terme. Il se consacra aux romans publiés avec une remarquable régularité et à divers textes de commande et de circonstances. Grâce lui soit rendue : il ne s’est jamais abandonné aux vertiges de l’introspection, et carnets, journaux intimes, brouillons multiples ne sont pas son affaire. L’essentiel de son œuvre reste comme lui-même au grand jour.

A ce titre, il ne laissa guère d’inédits. Sinon celui rédigé entre 1942 et 1945. Il porte un titre éminemment typique pour Dhôtel. En effet, La littérature et le hasard lui va bien. Publié une première fois en 2015, ce document rare et précieux est aujourd’hui réédité par David Massabuau de Fata Morgana. Plus de dix ans après sa découverte. Et ici, si Dhôtel abordait son travail de romancier avec une modestie exemplaire, il montre qu’il en avait une haute idée, et là de réfléchir sur les mystères et les difficultés.

Pour preuve, lors d’une mauvaise santé – tant morale que physique – ou d’une paresse traversée de sursauts et de remords, l’écrivain peut se retrouver enfoncé dans une incapacité qui permet tout juste de survivre. Dans ce cas précis, Dhôtel ajoute qu’« on a tôt fait de traverser la zone des sentiments que l’on continue parfois à utiliser pour faire plaisir à son entourage ». Mais pour s’en sortir et éviter de tels tracas, une expiatoire solitude est nécessaire. Ne serait-ce que pour éliminer les dernières formules de mélancolie et la transformer en un charme étrangement harmonieux mais « c’est peut-être très cruel.», précise l’écrivain lucide au plus haut point.

André Dhôtel, La littérature et le hasard, préface de Christian Bobin, texte établi et présenté par Philippe Blondeau, Frontispice et vignettes d’André Lhote, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2026 – 27,00 €.

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