Alex Garland, Le Coma

Alex Garland, Le Coma

Après le succès foudroyant de La Plage, Alex Garland laisse le lecteur un peu sur sa faim avec ce second roman

Après le succès foudroyant de La Plage adapté au grand écran, Alex Garland revient sur la scène littéraire avec un nouvel opus : Le Coma. Mais le livre ne se montre pas à la hauteur de nos espérances. S’il y a indéniablement une substance, une matière, l’auteur ne semble pas avoir jugé utile de la modeler, et la livre – brute – à un lecteur pris au dépourvu.

Cette substance c’est, en trame de fond, une réflexion autour de la vie et de la mort, du rêve
et de l’éveil. Le narrateur, après avoir été agressé dans le métro, tombe dans le coma et se retrouve successivement chez l’un de ses amis, puis dans un taxi, dans un lit d’hôpital, dans son lit aux côtés d’une potentielle compagne… etc. Dans chacun de ces prétendus lieux connus, le narrateur, Carl, tente de se réconcilier avec sa mémoire. Carl, enfermé dans sa tête, n’a plus qu’une certitude, celle d’être à la merci de l’incertitude. Le constat est cependant maigre. 
Je ne sais pas comment l’idée m’est venue que mourir c’était s’éveiller.
Le seul élément de réponse que nous livre le narrateur sur sa quête rêvée ou réelle est cette analogie implicite entre vie et rêve – voilà une fois de plus traité le thème « La vie est un songe ».

Si l’ambiance est réussie – lecteur tenu en haleine, rythme oppressant, images en clair-obscur, va-et- vient angoissant entre réel et apparences… – l’auteur ne nous laisse pourtant aucune chance de nous agripper au récit et de nous l’approprier. L’histoire se lit de très loin et laisse l’impression que l’auteur lui-même n’est pas totalement revenu de son « voyage ».

C’est peut-être que derrière ce récit malhabile se cache une trop grosse angoisse de l’auteur qui semble tantôt ne pas prendre le recul nécessaire face a son texte – si bien qu’il paraît dialoguer avec lui-même – tantôt avoir pris trop de recul – si bien qu’il n’habite même plus son histoire.
Notons quand même ces étranges illustrations du père d’Alex Garland qui confèrent au livre un caractère intimiste, voire expérimental, et font de l’ouvrage une sorte de « journal de rêves » davantage qu’un roman.

C’est dommage, Alex Garland passe tout près du grand livre.

sonia rahal

   
 

Alex Garland, Le Coma (traduit par Oristelle Bonis), Belfond, mars 2005, 150 p. – 15,00 €

 
     
 

Laisser un commentaire