Alessandro Baricco, Abel

Alessandro Baricco, Abel

Mêlant les registres entre fresque épique, poésie et théâtre, traversé de questionnements existentiels, un tel récit d’une puissante musicalité se situe dans un Far West imaginaire : Abel (Crow) est un shérif et tireur de génie. Il mène une existence périlleuse. Faire feu est pour lui un instinct, une façon de mesurer son âme à la terre splendide mais hostile qui s’étend, infinie.
Mais Abel ne se contente pas de duels au moment où il découvre la philosophie et où il cherche cherche un destin. Trois femmes le guident dans cette quête : son amante, sa petite sœur, et Lilith, qui embarque toute la fratrie dans une mission à haut risque. Mais surgit aussi « la bruja », sorcière porteuse de sagesse ancestrale.

De fait, ce récit de la vie du héros , Abel, est combiné comme un puzzle de souvenirs dont l’assemblage envoûtant dure jusqu’au dernier mot. Ce Far West devient un espace mystique, où le surnaturel et le sacré donnent une force à ce roman où se dépasse l’ initiatique en ce qui est transformé par Barrico en une fiction tout autant physique que primale.
Une sorte de poésie habite de manière théâtrale cette fiction qui prend sa source dans (mais dépasse) les films de cow-boys à la Sergio Leone. Ici, les mots de l’auteur ont la puissance des tirs d’Abel.

Alessandro Baricco, Abel, trad. de l’italien par Lise Caillat, Gallimard, collection Du monde entier, 2025, 175 p. – 20,50 €.

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