Alec Soth, Sleeping by the Mississipi
Il fait très chaud dans le Mississipi d’Alec Soth. Et les éditions Mack ont la bonne idée de republier son livre chargé de touffeurs de son long cours. Douze ans après la première édition, l’ensemble n’a rien perdu de sa force. Des femmes y semblent tristes. Et si l’on savait pourquoi on le serait peut-être aussi.
Mais pour ne pas trop nous offenser certaines restent gaies. Entre les deux tempérances : l’épreuve douce amère de la vérité dans la moiteur, les délices et les pauvretés du « Deep South ».
Les êtres y demeurent toujours de drôles d’oiseaux avec des arrières-pensées sexuelles : la météo produit de telles bouffées de chaleur dans les Etats du Sud et leurs bayous. Mais, après tout, nous pourrions dire cela de tout le monde. D’autant qu’Alec Soth a le don de nous amorcer et nous saisir à travers ses portraits et ses paysages.
Nous ne pouvons souhaiter qu’être de ses merles moqueurs, voire de ses inséparables même s’ils restent solitaires. Néanmoins, le photographe nous rappelle ce que disait Dubillard : « Ce qui est difficile c’est de devenir oiseau ».
jean-paul gavard-perret
Alec Soth, Sleeping by the Mississipi, Mack Editions, Londres, 2017, 120 p.- 45,00 €.
