Adieu mes jolies / Échec et rap

Adieu mes jolies / Échec et rap

La ville de Sponge, imaginée par J-P Nozière, est au cœur d’une farce sanglante et d’un drame des sentiments dans deux romans au style différent

En ce mois de mars, Jean-Paul Nozière signe chez Syros et Nathan deux romans pour adolescents diamétralement opposés. Avec Adieu mes jolies dans la collection « Rat noir » – dont le titre évoque l’Adieu ma jolie de Raymond Chandler – il nous offre un mélange de pastiche et d’humour tandis qu’Échec et rap paru, lui, dans la collection « Poche policier » des éditions Nathan, est un roman noir très sombre. Cela permet, si besoin était, à cet écrivain de 64 ans, ancien professeur d’histoire-géographie, de montrer ses différentes facettes.


Adieu mes jolies

Alix Alix part, pour les beaux yeux de Bella Bonifaci avec des images de Cumparsita, à la recherche du nombril en diamants de Sainte-Radegonde qui serait cachée dans l’institution des 421. Cette dernière est à l’abri du besoin grâce au mystérieux François N’golo N’golo, le Premier ministre du Tounangaka, et dirigée par l’excentrique Sam Spade alias Goebbels. Les pensionnaires sont des enfants replacés sans aucun espoir. Des vieux murs doivent être démolis par un bulldozer. Des décombres s’échappent d’abord des cadavres de chats, de chiens et de lapins permettant de résoudre tout un tas de disparitions. Il faut se rendre à la raison, un serial killer hante l’institution. L’Homme Dynamite est aux aguets, d’autant que l’on découvre le corps d’une femme. Et que A. A., suite à un coup de pied mal intentionné dans sa cheminée, en voit surgir un autre. Toujours de femme. Alix Alix est perdu dans ses pensés. Des relents de Cumparsita ébranlent les murs alors qu’un professeur éplorée vient se jeter dans ses bras.

Avec Adieu mes jolies, Jean-Paul Nozière mélange les genres et les romans. De Raymond Chandler – Adieu ma jolie – à Dashiell Hammett – avec son héros Sam Spade et une statuette qui rappelle beaucoup le fameux Faucon maltais -, ce sont aux plus grands classiques du roman noir qu’il est fait référence. Humour et absurde se côtoient dans l’irréelle ville de Sponge, qui n’avait sûrement jamais connu un tel cataclysme. Quant à Bella Bonifaci, la femme fatale que l’on se doit de mettre dans tout bon roman policier, il reste à savoir si elle est issue de l’imagination très fertile de A. A. ou si elle existe en chair et en os. Et ça, même Jean-Paul Nozière ne le sait pas ! Adieu mes jolies est à lire à partir de 14 ans.


Échec et rap

Lili Rigosi revient dans la ville de son enfance, Sponge, en qualité d’adjudant-chef de la brigade de gendarmerie. Elle n’est pas plus tôt arrivée qu’elle reçoit une lettre anonyme de quelqu’un qui l’attendait. Mais le temps de la réflexion est vite dépassé. David, un junkie de 26 ans est retrouvé assassiné dans son appartement, une pièce d’échec ciselée dans du savon placée dans sa main. Léo, 15 ans, raconte dans son journal intime sa passion pour Marlène. Il décrit aussi le harcèlement dont il est victime de la part de trois inséparables formant un pseudo-groupe de rap, Diesel, Sugar et Love Me. Lily mène une enquête acharnée, sûre d’avoir une pièce en sa possession. Léo s’enferme dans sa souffrance. Un second meurtre est commis. Lily est persuadée qu’un troisième a été planifié. Qu’il sera d’ailleurs le dernier. Mais il faut agir vite.

Ce roman part d’un fait divers que Jean-Paul Nozière a lu dans la presse. Bien que destiné à des lecteurs plus jeunes (12 ans) qu’Adieu mes jolies, Échec et rap est plus sombre. La trame est aussi plus complexe avec deux récits qui se chevauchent en alternant passé et présent. Une histoire qui aurait pu être belle, un enfant qui oublie de grandir, mais ne part pas en compagnie de Peter Pan. Un livre qui allie avec talent beauté et tristesse, amour et drame.

julien vedrenne

Jean-Paul Nozière, Adieu mes jolies, Syros coll. « Rat noir », mars 2007, 214 p. – 12,00 €.

Jean-Paul Nozière, Échec et rap, Nathan coll. « Poche policier », mars 2007, 192 p. – 4,95 €.

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