Amélie Durand, Grammaire pour cesser d’exister
En parlant, Amélie Durand échappe à la douleur, au marasme : « L’idée m’est peut-être venue la première fois que j’ai dit un mot de trop. (C’était il y a vingt-deux ans). Avant ça, je nageais animale dans le flot bouillonnant de ce qu’on attendait que je dise » et sa « Grammaire pour cesser d’exister » permet de préserver la vie selon une syntaxe à sa main.
Parler/écrire crée à la fois un dédit mais aussi un moyen de « sur-vivre ». D’autant que l’ironie n’est pas absente comme en témoignent les ouvertures des chapitres.
Un certain manque peut donc suffire – ou au moins un certain écart. Même si un seul mot risque parfois de tout mettre à bas.
Néanmoins, l’auteure garde en plus le moyen de nous emporter par un certain humour – ou un humour certain – qui fait sortir les loups de bois et les non-existants de leurs gonds.
jean-paul gavard-perret
Amélie Durand, Grammaire pour cesser d’exister, Le Sabot éditeur, 2022, 48 p. – 8,00 €.
