Olivier Apert, Le point de voir

Olivier Apert, Le point de voir

 Cartographie poétique

Olivier Apert confirme son rôle d’écrivain sauvage mais dandy voire de stoïcien mélancolique mais joyeux capable de prouver que la nouvelle et l’essai se nourrissent de l’improbable et de l’impropre-ment-dire.
Tout est donc possible en des textes où « ça – aurait pu débuter comme ça ». A savoir,  dans une histoire d’histoires et de langage déstabilisateur.

S’y retrouvent cocotte-minute, pèse-personne, miroir de XVIIIème, rouleaux de P.Q., 404 break et bien sûr des demoiselles du bord de mer. Tout est en décalages, écarts, conjectures de la fiction.
Elle dépasse ici ce qu’en firent les avant-gardes qui s’en méfièrent souvent.

D’où cette suite de fantômes masses, de veilles et de sommeils là où lieux, objets et personnages se mêlent à un brouhaha d’images en pièces détachées. Existe toutefois et aussi une histoire d’amour qui se veut la quasi synthèse du livre.
Elle incarne à sa manière autant le bruit et la fureur que le silence (cf. la première page spatialiste du livre).

Existent des soulèvements dévastateurs de toutes illusions domestiques ou foraines. Elles doivent être démasquées là où tout effort de revendication commence par le (dé)montage et la langue entre distance inouïe et proximité de compassion (très ironique).
Jouant les bouledogues, Apert se donne un mal de chien pour déplacer toute assise. Il fait mine de se dispenser de point de vue.

Mais le lecteur ne doit pas être dupe de cette cartographie plus ou moins romanesque mais certainement poétique.

jean-paul gavard-perret

Olivier Apert, Le point de voir, éditions Lanskine, Pris, novembre 2021, 90 p. – 15,00 €.

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