Alexandre Desrameaux, Tangere, Tangere

Qui est à terre tient encore

Pour Des­ra­meaux, il s’agit de confir­mer la seule vraie fake news : l’amour fait tout. Et jusqu’aux jeûnes et aux colères. Faire l’amour est une manière de bai­ser qui nous baise. Puisqu’à deux l’univers s’arrondit, il devient doux.
Le mat dis­pa­raît en un cer­tain hori­zon et sou­dain le génie humain pour l’orgie est une élé­va­tion. Aux amou­reux la langue féo­dale, le souffle et d’Aristote et le sif­flet des trains.

Tenir sans se tenir crée le mou­ve­ment des étoiles et des trac­teurs. Pas besoin de manuels : l’éventail d’une pré­cieuse fait toute la cos­mo­gra­phie et se pro­duisent ainsi deux lec­tures du monde en pul­sa­tions frag­men­tées ou glo­bales.
Si bien que le savoir à la fois se boucle mais se fait autant de boucles sur la nuque des femmes. Exit les construc­tions scien­ti­fiques ou nar­ra­to­lo­giques du poème. L’essentiel est ailleurs. Et si tout res­semble à vie de chine, à vie de chien, seule la poé­sie reste la nef des fous plus que le bateau ivre.

Pour autant, Des­ra­meaux ne jus­ti­fie rien et ne se jus­ti­fie de rien. Il reste à la fois humble ser­vi­teur et démiurge d’un tel pro­jet pha­rao­nique fait de faux anges et angles. Mixant les confu­sions elles-mêmes, le poète se veut de ce monde et d’un autre.
Même dans ce qui devient le rêve mer­dique le plus trou­blant. Son degré d’abstraction com­mande la viande de la terre comme les figures ondu­lantes d’une éter­nité ras­sem­blée dans une gra­vité “où l’air pend”.

jean-paul gavard-perret

Alexandre Des­ra­meaux, Tan­gere, Tan­gere, L’Atelier de l’Agneau, St Quen­tin de Caplong, 2021, 60 p. — 14,00 €.

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