Eric Brogniet, Lumière du livre suivi de Rose noire

Entre des­cente et assomption

Eric Bro­gniet place sa poé­sie là où le visible adhère à l’invisible, le pen­sable à l’impensable au-delà de toute pos­ture nar­cis­sique.
Il ne s’agit pas pour autant de por­ter le flam­beau de l’explication mais de mettre de l’ombre dans les pen­sées trop claires tout en sou­li­gnant des évi­dences qui échappent : “Je règne sur les eaux pense le feu / J’engloutis le cou­chant rêve la vague / Je suis le bleu du ciel et la clarté de la vague / Dit l’oiseau. Il y s’envole”.

Preuve que celui qui s’entend à rendre le monde com­pré­hen­sible doit savoir tout autant le rendre incompréhensible.

L’obs­cur à ce titre n’est pas le contraire de la clarté — car celle-ci peut être obs­cure et mys­té­rieuse. Si bien que faire pen­ser les choses per­met de se pen­ser soi-même.
C’est com­prendre com­ment tout s’enveloppe ou s’épanouit.

Et c’est ainsi que “pense” la poé­sie de Bro­gniet.
Elle pénètre sans vio­lence l’essentiel entre des­cente et assomp­tion dans un mou­ve­ment continuel.

jean-paul gavard-perret

Eric Bro­gniet, Lumière du livre suivi de Rose noire, Le Taillis Pré, Bruxelles, 2021 — 19,00  €.

1 Comment

Filed under Poésie

One Response to Eric Brogniet, Lumière du livre suivi de Rose noire

  1. Jeanne

    L’obscure n’est pas le contraire de la clarté mais son révélateur?

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