Michel Cassir & Christian Cavaillé, Pas tout à fait la nef des fous
Cadavre exquis néo-surréaliste
Embarquée de concert sur le paquebot dirigé par Cassir et Cavaillé, une douzaine de poètes fait ce qu’elle peut pour éviter le naufrage de cet esquif.
Il y a là diverses imprécations dans l’esprit du temps de confinements et des méditations plus ou moins oniriques.
Le tout dans un cadavre exquis néo-surréaliste. Mais ici l’ensemble fait d’échos se veut trop intelligent pour que le lecteur se laisse embarquer ou dériver dans une véritable folie au sein d’une linéarité faites de cassures « en conquêtes minuscules / derrière l’opacité de certains mots » et selon un lyrisme parfois trop appuyé.
Manque – dans cette mécanique démontée et remontée du coeur et du choeur – tout ce qui échappe à la raison car la folie reste ici bien ordonnée.
Certes, se reconnaît la patte insidieuse de certains poètes comme Anne-Marie Jeanjean. Mais les altérités demeurent souvent autocentrées et concentriques.
Ce qui empêche à un véritable degré de liberté de suivre son cours. Même si s’élabore ici l’effort louable d’effacer chaque ego des intervenants.
jean-paul gavard-perret
Michel Cassir & Christian Cavaillé, Pas tout à fait la nef des fous, L’Harmattan, coll. Levée d’ancre, Paris, 2021, 80 p. – 12,00 €.