Judd Apatow, The King of Staten Island

Du por­trait d’un humo­riste bipo­laire qui vit au cro­chet de sa mère, Apa­tow crée une comé­die cha­leu­reuse sur un inadapté tra­vaillé par le deuil d’un père au sein d’une com­mu­nauté de pom­piers de New York.
Mais le réa­li­sa­teur recoupe des images pour voir bien autre chose que la mémoire du passé au moment où le cinéma donne une pos­si­bi­lité de com­prendre l’évolution d’un héros.

Apatow  met en avant Pete David­son, jeune comique qui inter­prète sa propre vie de névroses, d’ado mal dégrossi avec humour.
Le cinéaste  entraîne ainsi dans le récit en grande par­tie bio­gra­phique du héros saisi dans la quête de matu­rité et de paix inté­rieure en son esprit quelque peu dérangé .

Bien que les dia­logues soient vifs et drôles, le film pour­rait sem­bler inter­mi­nable car il ne se passe pas grand chose. Mais c’est le timing néces­saire pour qu’un tra­jet se des­sine entre dépres­sion et reprise du vivant.
Un tel pro­pos a besoin sinon de len­teur du moins de temps là où coha­bitent farce et mélodrame.

Les gags sont par­fois potaches mais Apa­tow réus­sit son décon­fi­ne­ment. Après bien des films secon­daires, le per­son­nage de David­son donne au met­teur en scène une grâce et une viva­cité alle­niennes.
Le film reste inso­lent. Il offre ses lettres de noblesses à une oeuvre qui en man­quait. Ici le sujet est fort.

jean-paul gavard-perret


The King of Sta­ten Island

De : Judd Apa­tow
Avec : Pete David­son, Marisa Tomei, Bill Burr

Genre : Comé­die, Drame
Durée : 2H17mn
Sor­tie : 22 juillet 2020

Synop­sis
Il sem­ble­rait que le déve­lop­pe­ment de Scott ait lar­ge­ment été freiné depuis le décès de son père pom­pier, quand il avait 7 ans. Il en a aujourd’hui 24 et entre­tient le doux rêve d’ouvrir un restaurant/salon de tatouage. Alors que sa jeune soeur Claire, sociable et bonne élève, part étu­dier à l’université, Scott vit tou­jours au cro­chet de sa mère infir­mière, Mar­gie, et passe le plus clair de son temps à fumer de l’herbe, à traî­ner avec ses potes Oscar, Igor et Richie et à cou­cher en cachette avec son amie d’enfance Kel­sey. Mais quand, après 17 ans de veu­vage, sa mère com­mence à fré­quen­ter Ray, lui aussi pom­pier, Scott va voir sa vie cham­bou­lée et ses angoisses exa­cer­bées. L’adolescent attardé qu’il est resté va enfin devoir faire face à ses res­pon­sa­bi­li­tés et au deuil de son père

1 Comment

Filed under cinéma

One Response to Judd Apatow, The King of Staten Island

  1. Anne Marie Carreira

    Sujet inter­es­sante. Ça donne envie d’aller le voir !

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