Titeuf – Tome 10 : »Au secours ! », Cédric – Tome 9 : « Des rollers à tout prix »

Titeuf – Tome 10 : »Au secours ! », Cédric – Tome 9 : « Des rollers à tout prix »

Hachette jeunesse adapte en nouvelles les aventures des deux héros bien connus des enfants…

Hachette Jeunesse adapte depuis quelque temps les aventures des deux héros de la récré : Titeuf et Cédric. La novellisation du dessin animé pour Cédric et des bandes dessinées pour Titeuf permet d’amener à la lecture des enfants qui lui sont réfractaires. Ils lisent sans en avoir l’air. Ils partagent l’intimité des deux petits garnements et ne pensent plus à l’acte de lecture. Après ces considérations sur l’intérêt pédagogique de ces ouvrages, intéressons-nous à leur contenu.

Le petit ouvrage consacré à Titeuf est une transposition des planches de Zep. On retrouve, dans cet ensemble de nouvelles de six pages intitulé Au secours ! les amis de Titeuf, ses parents, sa maîtresse, la cour de récré et bien entendu ses bêtises… en bref, tout son univers. On pourrait penser qu’Hachette surfe sur le succès du garnement et de son auteur, et se contente de créer un énième produit dérivé, mais il faut reconnaître que la novellisation apporte réellement quelque chose de nouveau. Le rapport entre l’image – les illustrations de Zep – et le texte – adapté de la bande dessinée – change, et cela amène une nouvelle relation entre Titeuf et son public. C’est une intimité accrue qui se noue entre eux ; le jeune lecteur tisse, à travers la nouvelle, des liens plus étroits avec le personnage de fiction qu’à travers la bande dessinée : l’image étant moins présente, l’imagination prend le pouvoir et l’on a toute latitude pour visualiser à sa guise l’univers du roi de la récré.

Cédric passe également avec succès le cap de la novellisation. Le format est un peu différent : ce n’est pas cette fois la bande dessinée de Laudec et Cauvin qui est adaptée mais le dessin animé. On a donc deux grandes nouvelles – ou deux petits romans – de 48 pages réunies dans un recueil qui porte le titre de la première, « Des rollers à tout prix ». L’univers de Cédric paraît devoir mieux se prêter à la transposition littéraire : il est en effet plus complexe que celui de Titeuf. Le petit Belge – enfin, les auteurs, eux, le sont… – développe des relations plus profondes avec ses parents, son grand-père, ou la belle Chen ; ses créateurs l’ont doté d’un pouvoir de réflexion plus grand que Zep ne l’a fait pour Titeuf.

Cédric est un héros dans la lignée de Spirou, Boule et Bil… autrement dit il est de la vieille école. Cela tient aux auteurs : Laudec et Cauvin sont issus de la tradition de la bande dessinée belge alors que Zep est avant tout un illustrateur – pour lui le personnage prime sur l’histoire. Une différence qui saute aux yeux dès que l’on compare la physionomie et le langage des deux personnages : Cédric ressemble à n’importe quel enfant de 8 ans et parle comme tout le monde, tandis que Titeuf est unique, avec sa mèche improbable et son idiome bien à lui. Et les prénoms ne font que renforcer cette différence qui, grâce au talent des adaptateurs, a très bien résisté au passage à la forme romanesque.

 

Zep et Anguerrand, Titeuf – Tome 10 : »Au secours ! », Hachette jeunesse « Bibliothèque rose », 2004, 89 p. – 4,50 €.

Laudec et Cauvin, Cédric – Tome 9 : « Des rollers à tout prix », Hachette jeunesse « Bibliothèque rose », 2004, 96 p. – 4,50 €.

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