Jean-Claude Bélégou, La vie malgré tout

Jean-Claude Bélégou, La vie malgré tout

Photographie-Paradiso

Avec La vie malgré tout, Jean-Claude Bélégou nous replonge dans son jardin d’Eden. Il déconfine l’art du portrait en l’enfermant dans un tel lieu.
C’est une manière de soigner le mal par le mal à une époque où le portrait est désormais capté par le monde policier pour devenir le mouchard idéal.

Preuve qu’une image peut nous valoir mille maux. Impossible de s’en tirer. Pour autant,
Bélégou dévie d’un tel schéma afin que, en pauvres pêcheurs, nous venions – à défaut de les cueillir – contempler les fruits verts où, non jadis mais naguère, il montra celle qui fut l’amour et non seulement d’un été.

C’est un moyen de toiser les « lieux sous surveillance organisée conséquences inéluctables des grandes concentrations urbaines, d’une mondialisation cupide ».
Dans ce vieux presbytère devenu havre de paix, Bélégou se fait libertaire, hédoniste, respectueux de ses modèles.

Leurs portraits « résonnent » comme un havre de paix dégagé de la misère et de la détresse. C’est un peu de souffle, un peu d’eau fraîche.
Face aux mouvements ou au asphyxies du traçage, c’est enfin de la vie à l’envers mais  » la vie envers et contre tout, fragile, humaine trop humaine, sensible, faite de chair et de sang, d’émotion, de dons et de refus, d’élans et de désirs, de soif de liberté et de mouvement. »

Que demander d’autre ? Et si le photographe comprend combien, dans monde tel qu’il est, « La nuit sera sans fin » il en retarde l’arrivée.
Photographie-Paradiso en quelque sorte.

jean-paul gavard-perret

Jean-Claude Bélégou, La vie malgré tout, exposition sur le site de l’artiste.

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