Patrick Boutin, Furfur
Patrick Boutin ou la rumba du pinceau
Le repentir ne sert à rien. Et ce, même en peinture. Celui qui croit s’en sortir à si bon compte court le risque d’y perdre son âme et son corps. Fufur – le héros – va payer pour le savoir.
Preuve qu’une fois de plus l’auteur affectionne des personnages qui se mettent le doigt dans l’oeil et se retrouvent gros jean comme devant dans l’interface que l’autoportrait engage.
Celui qui se présente comme peintre « reconnu pour l’extraordinaire précision de ses portraits » va le prouver en buvant jusqu’à la lie le nectar de sa maîtrise picturale. Nous est donc offert un chef-d’oeuvre inconnu que Balzac ne négligerait pas.
Et si dans le monde bien des choses ne collent pas, en peinture il arrive que l’artiste adhère à ce qu’il conçoit. Par manque de reconnaissance, folie ou toute autre question. Reste à savoir si Dieu lui prêtera encore vie – ou si un autre lui en louera une – mais Boutin ne le dit pas.
En tout état de cause, voici que plus qu’ailleurs « je » devient pratiquement un autre dans un pas en avant en ce que Freud nomme le « stade du miroir ». A la fin, Furfur ne pourra dire qui est quoi, qui existe ou s’il y a quelqu’un d’autre à sa place.
Mais les jeux sont faits. Dedans, dehors, un jour peut-être l’avenir le dira. Mais pour l’heure il faut attendre que « ça » sèche.
jean-paul gavard-perret
Patrick Boutin, Furfur, Editions Lamiroy coll. Opuscule, 2019, 38 p. – 4,00 €.