Louise Welsh, Le Tour maudit

Louise Welsh, Le Tour maudit

Le monde de la magie n’est pas rose, mais noir sous la plume de Louise Welsh qui nous transporte sur une scène baroque aux thèmes universels.

William Wilson est un prestidigitateur qui vit de modestes cachets en Écosse. Lors d’une soirée dans un cabaret, le gérant lui demande de subtiliser une photo dans la poche d’un officier de police qui part à la retraite. Une photo un peu particulière qui incrimine deux hommes dans le meurtre d’une femme. L’agent de William Wilson débusque un contrat à Berlin. Pour lui, c’est une bonne nouvelle. Il veut d’autant plus croire à un nouveau départ que la situation à Glasgow lui échappe. Le mandataire de la subtilisation de la lettre a été retrouvé mort. William Wilson sait qu’on le recherche activement, d’autant qu’il a récupéré entretemps la photo.

Arrivé en Allemagne, William Wilson prépare le fameux Tour maudit, entouré de femmes qui le fascinent et qu’il a du mal à cerner. Des escrocs lui imposent leurs petites combines. L’alcool n’aidant pas à éloigner des démons et des tendances destructrices, William Wilson plonge à nouveau dans une vie désordonnée avant que sa vie écossaise ne resurgisse. Quand l’ancien officier de police retrouve sa trace, la peur revient à grands pas. Au plus mauvais moment. Au milieu de femmes qu’il aime, William sème la zizanie et crée une cacophonie sans nom qui lui vaut d’être viré malgré le succès de son tour. La rédemption passera à nouveau par Glasgow.

Louise Welsh nous plonge dans un univers magique et noir. Ses protagonistes errent dans un monde burlesque mais n’en donnent pas moins une touche tragique. Chacun traîne un pathos énorme qui lui assure un échec retentissant. Et dans tout ce fatras, c’est William Wilson, un prestidigitateur somme toute médiocre, qui trinque. Louise Welsh dresse un portrait sans espoir d’une vie qui, paradoxalement, est riche et médiocre à la fois. Le Tour maudit promet un moment de lecture intense mais qu’il faut aborder avec un état d’esprit libéré et sain.

julien vedrenne

   
 

Louise Welsh, Le Tour maudit (traduit de l’écossais par Céline Schwaller), Métailié coll. « Bibliothèque écossaise », octobre 2007, 352 p. – 21,00 €.

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