Olivier G. Fatton, Coco

Une déesse de beauté enfer­mée en elle

Coco fut une étoile filante trans­genre, anar­chi­sante et per­due entre autres par la drogue et une sorte d’indifférence. Elle fut pour­tant une égé­rie de l’underground hel­vé­tique à la fin de der­nier mil­lé­naire.
Sa ren­contre avec le pho­to­graphe Oli­vier G. Fat­ton, de douze ans son aîné, retarda un peu l’échéance mor­telle.
Ils vécurent une pas­sion dont témoigne le livre. Ces pho­tos, plus qu’un mémo­ran­dum, sont l’ode visuelle des­ti­née à une déesse de beauté qui se retrouva enfer­mée en elle en dépit de sa lutte afin de quit­ter un sexe reçu pour un sexe choisi.

Le beau récit “in memo­riam” de Duina Miralles fina­lise ce livre en sou­li­gnant l’impression d’ensevelissement qu’éprouvait Coco dans l’instabilité de son exis­tence vécue vite, trop vite même.
Existe un tra­vail contre l’oubli en de telles images. Elles semblent à la fois d’avant et d’après monde. Archaïques désor­mais — du moins en appa­rence -, elles embrayent direc­te­ment sur le temps. Mais un temps où la situa­tion de l’être trans­genre avait bien du mal à trou­ver sa place dans la civilisation.

jean-paul gavard-perret

Oli­vier G. Fat­ton, Coco accom­pa­gné d’un récit inti­miste de Dunia Miralles,Edition Patrick Frey, Zurich, 2019

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