P. J. Tracy, Prises au piège

P. J. Tracy, Prises au piège

Dans le Wisconsin, trois femmes sont aux prises avec une une équipe de tueurs paramilitaires…

Les Monkeewrench Grace et Annie, avec toute leur gamme de logiciels servant à élucider des crimes, partent en compagnie de Sharon, une agent du FBI, dans le Wisconsin. Un détour par une grange au charme bien particulier leur vaut de se perdre dans une région déserte. Au même moment, se déroule un drame dans le petit bourg de Four Corners (qui n’en compte plus que deux, d’ailleurs, depuis un incendie). Un camion-citerne chargé de convoyer du lait se renverse. Un gaz neurotoxique s’en dégage. Aussitôt, c’est l’horreur. Les habitants présents tombent comme des mouches. Des soldats ceinturent la zone sans alerter les autorités. C’est le moment que choisit la Range Rover des trois enquêtrices pour tomber en rade. Elles découvrent une cité fantôme, étrangement très propre, sans aucune voiture et aux fils de téléphone soigneusement coupés. C’est alors qu’une course-poursuite entre un pick-up et une jeep prend fin dans le centre de Four Corners. Un homme et une femme sont sauvagement abattus. Les trois femmes se terrent et cherchent à s’en sortir rapidement, d’autant que d’étranges propos font peser une sombre menace : deux camions-citernes sont en route pour le plus grand péril d’un millier de civils.

Les enquêtrices ont de précieux alliés qui s’inquiètent pour elles. Le reste de l’équipe des Monkeewrench est parti à leur recherche dans un camping-car disposant de toutes les technologies modernes. Le plus surprenant est que cette région désertique, habituellement, grouille d’agents fédéraux aux pantalons soigneusement repassés dont le pli tombe à merveille sur les chaussures pourvus de tous les mandats possibles. Y compris ceux qui forcent les shérifs des comtés à rester tranquillement chez eux. Les agents du FBI, Halloran surtout qui vient d’envoyer sa lettre de renvoi à Sharon, dont il est pourtant éperdument amoureux, ont le don prodigieux d’énerver autrui…

Charlie et les drôles de dames

P. J. Tracy est le pseudonyme d’un couple d’écrivains bien particulier. Il s’agit d’une mère et de sa fille qui vivent respectivement à Minneapolis et à Los Angeles. Révélée par Copie conforme, en 2005, P. J. Tracy a constitué une fine équipe où se mélangent humour et noirceur avec un brin de sentimentalisme. Dans Prises au piège, sur fond de déclaration d’indépendance des États-Unis – Il est de leur droit, il est de leur devoir […] de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future…  un groupuscule de fondamentaux a concocté un plan machiavélique visant à freiner l’immigration incessante et les dérives qu’elle amène.
L’équipe des Monkeewrench, depuis que des innocents ont trouvé la mort lors d’une précédente affaire, a décidé de vouer son existence à traquer le mal. Elle est divisée en deux : les femmes d’un côté, qui agissent, les hommes de l’autre qui s’inquiètent et réagissent. Au milieu, Charlie, le chien de quarante kilos de Grace. Et Charlie, dans cette histoire, se révèlera être celui qui a le plus de flair. Suspense assuré. Roman à ne pas lire avec n’importe quelle paire de chaussures. Il est conseillé de troquer les talons aiguilles contre des baskets si l’on est une lectrice.

julien védrenne

   
 

P. J. Tracy, Prises au piège (traduit de l’américain par Dominique Wattwiller), Presses de la Cité coll. « Sang d’encre », janvier 2007, 318 p. – 20,00 €.

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