Pascale Ferroul, Plus petit que moi tu meurs

Pascale Ferroul, Plus petit que moi tu meurs

Pascale Ferroul, un scalpel à la main, ne décortique pas que les nourrissons. Elle s’attaque aussi à l’âme.

Rien ne se perd. Rien ne se crée. Il en va de l’amour comme des atomes. Un couple se sépare, un autre se forme. Mais cette histoire est plus compliquée. Deux mondes se côtoient : celui de la police, avec le capitaine de police Jeanne Quémeneur et celui d’un institut médico-légal avec notre héros. Cette mitoyenneté est normale sauf que la police se demande si un assassin n’est pas tranquillement à l’abri à la morgue. En effet, dès le début de cette triste histoire, il ne fait aucun doute que l’on est en présence de meurtres perpétrés par un même criminel. Qui plus est doué en anatomie, eu égard à la clarté des découpes qu’il effectue sur de pauvres corps de bébés. Au milieu, se trouvent des enfants qui n’ont rien demandé à personne. Les enfants, ces êtres purs et parfaits. Enfin, parfaits…

Sept chapitres, sept narrateurs différents qui nous proposent leur vision d’une histoire morbide autour de la morgue et des meurtres en série de nouveaux-nés méthodiquement démembrés. Chaque tueur en série a sa propre logique. Ici, pas de meurtre d’obsédé sexuel. Les enfants n’ont pas été violés. Les protagonistes de cette histoire, tel le professeur Odilon Vandenbruck, de la morgue, adepte de l’humour caustique, pince sans rire à l’instar de la majeure partie des acteurs de ce drame, ont tous le profil du tueur. L’humour est de la même teinte que ce récit : noir. Chaque personnage est proprement décortiqué (au scalpel). Son histoire dans cette histoire est passée au crible. Ses errements mis en avant pour mieux perdre l’enquêteur en herbe qu’est chacun des lecteurs du genre.

Pascale Ferroul, dont c’est le premier roman, n’a pas reçu le Prix SNCF de sa catégorie pour rien, même si son intrigue n’a rien d’original. L’essence de celle-ci repose sur la connaissance du mobile du tueur. Une fois celui-ci connu, l’assassin se découvrira de lui-même. Pascale Ferroul a eu recours aux services d’un médecin légiste, pour rendre l’atmosphère de son roman dramatique et intenable. À l’instar d’une Patricia Cornwell, elle réalise un petit chef-d’œuvre. À l’inverse de cette dernière, l’auteur a ici produit un récit court et sans prétentions, tout en harmonies noires. On attend son prochain roman, histoire de voir si elle a commis un ovni ou bien tracé l’esquisse prometteuse d’une vraie œuvre.
Le roman vient d’être réédité avec un bandeau portant la mention « prix du premier polar SNCF 2004 ».

julien védrenne

   
 

Pascale Ferroul, Plus petit que moi tu meurs, HB Éditions, mars 2004, 157 p. – 14,00 €.

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