Guido Guidi, Col tempo (exposition)

Mémoire vive dans le noir des empreintes

Né à Cesena en Ita­lie et après des études d’architecture à Venise, Guido Guidi s’est orienté vers la pho­to­gra­phie. Le blanc et noir fait bou­ger le réel sans cher­cher à le renier – au contraire. Et si nous sommes pris par cette pho­to­gra­phie, c’est que l’apparent « éloi­gne­ment » de ce noir et blanc fait le jeu d’une proxi­mité là où tout joue entre la trace et l’empreinte à l’épreuve du temps.
L’œuvre devient en consé­quence le porte-marque des fan­tômes du temps, des lieux, voire de l’obscur en nous. Et la pho­to­gra­phie demeure avant tout matière de notre mémoire dans ce qu’elle pos­sède de plus sombre mais aussi en ses relents de vie, d’envie d’être en vie pour qu’à notre tour — comme la pho­to­gra­phie — nous émer­gions à la sur­face du monde.

A ce titre, elle n’est jamais ici une nature morte mais une mémoire vive dans le noir de ses empreintes. Les pay­sages comme les êtres humains, par de telles pho­to­gra­phies, accordent au temps qui passe une forme d’éternité poé­tique.
Guido Guidi construit quelque chose qui tient à la fois du réa­lisme et de la fable : il inves­tit des lieux pour recons­truire des condi­tions de spa­tia­lité et de lumi­no­sité. Peu à peu, elles trans­forment ce qui est porté au noir en un lieu « œuvré ». Il devient un lieu ouvert et un « temps pur » dont par­lait Proust.

jean-paul gavard-perret

Guido Guidi,  Col tempo, Foto­hof,  Salz­burg (Autriche) du 5 octobre au 17 novembre 2018.

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Filed under Arts croisés / L'Oeil du litteraire.com, Echos d'Italie / Echi dell'Italia

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