Catherine Grenier, Ulf Küster & Michael Peppiatt, Bacon Giacometti

Catherine Grenier, Ulf Küster & Michael Peppiatt, Bacon Giacometti

Entre géants

Alberto Giacometti et Francis Bacon ont influencé l’ensemble de l’art Post War et leur présence plane encore sur notre siècle. Ils demeurent des icônes tant par leur vie que leur œuvre. La Fondation Beyeler propose la rencontre de ces deux monstres « sacrés » et montre comment les « signes » de chaque œuvre interfèrent les un dans les autres. Le dialogue se fait non seulement par les textes du livre écrits par Ugo Daniel, Sylvie Felber, Catherine Grenier, Ulf Küster et Michael Peppiatt mais surtout par les images des artistes intelligemment scénarisées par le design graphique de Marie Lusa.
Le livre et l’exposition montrent le double à cor(ps) et à cri des « gestes » salvateurs et désespérés de deux hommes qui s’étonnaient chaque matin d’être encore en vie mais se réjouissaient de ce que le jour leur réservait. Cet ensemble permet de ne pas se tromper sur le propos et l’ambition d’œuvres capables des plus grands effacements des standards de représentation mais aussi des plus magiques « coagulations », pour reprendre un mot de Bacon lui-même.

Il existe apparemment dans les deux œuvres une apparente fascination morbide pour la destruction et la violence. Mais l’horreur, si elle est bien là, est d’un ordre quasi métaphysique. Certes, Chez Giacometti, l’homme est réduit à un spectre et chez Bacon à des flaques de chair, des charognes Tout dans les oeuvres appelle au cauchemar. Mais tandis que, habituellement, dans les visions macabres « classiques », cette présence cherche à soulever le cœur, chez les deux artistes elle est d’un autre ordre.
A la fascination répulsive s’oppose quelque chose d’autre de plus profond qui attise et attire le regard.

jean-paul gavard-perret

Bacon Giacometti, Ed. Catherine Grenier, Ulf Küster & Michael Peppiatt, Berlin, 2018,  204 p. – 55,00 €.
Exposition Fondation Beyeler, Bâle du 25 mars au 2 septembre 2018.

 

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